La "leçon complètement déplacée" d'Hollande au journaliste du Figaro

Georges Malbrunot avait réalisé une interview du président syrien Bachar al-Assad début septembre. Le président français, visiblement mécontent, avait taclé le reporter, ironisant sur son "sens civique". Un tacle peu apprécié par le reporter du Figaro, qui y a réagi ce mardi dans le Grand Journal.

F.D.
La "leçon complètement déplacée" d'Hollande au journaliste du Figaro
©AFP

Début septembre, Georges Malbrunot, journaliste au Figaro, réalise une interview. Pas n'importe laquelle: celle du président syrien Bachar al-Assad, actuellement au cœur d'une guerre qui  a déjà fait des centaines de milliers de morts et pour laquelle François Hollande semblait prêt à intervenir.

Une interview qui n'a visiblement pas plu au président français, qui avait ironisé sur le "sens civique" du journaliste à l'époque: "On ne remerciera jamais assez Le Figaro pour son sens civique que d'avoir permis à l'opinion française d'être éclairée par l'interview de ce dictateur. Maintenant, nous savons qu'il veut liquider son opposition".

"La différence entre une dictature et une démocratie, c'est que dans une démocratie un dictateur peut s'exprimer dans un journal, y compris pour insulter ses dirigeants, proférer des mensonges, notamment sur le chimique, laissant croire qu'il ne disposait pas de stock, et menacer le peuple français", avait-il encore déclaré .

Ce petit tacle verbal n'a pas beaucoup plu au journaliste en question, présent sur le plateau du Grand Journal d'Antoine de Caunes ce mardi soir, rapporte le Huffington Post. 

Lors de sa visite sur le plateau télé, Georges Malbrunot se défend de l'attaque lancée par le président français: "150 journalistes aimeraient interroger Bachar al-Assad. Je l'ai interrogé mais cela ne veut pas dire que je le cautionne". Et de répondre à son président par une petite pique, évoquant le fait que lors d'une autre interview du dictateur syrien accordée à une chaîne de télévision américaine : "Obama n'a pas donné une leçon complètement déplacée à un journaliste". 

Les Etats-Unis, la France et leurs alliés ont insisté lundi pour une résolution "contraignante" à l'ONU sur le désarmement chimique en Syrie, menaçant le régime de "conséquences" s'il ne respecte pas ses obligations, suscitant l'opposition de la Russie, qui refuse toute menace.


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