La semaine cruciale du pape François

Le Pape a tenu ce lundi un Consistoire des cardinaux au cours duquel il a officialisé la date de canonisation de Jean-Paul II et Jean XXIII. Cette semaine, il réunira aussi son "G8" avec une mission: réformer le gouvernement de l'Eglise…

La semaine cruciale du pape François
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Christian Laporte

Le pape François, stop ou encore… Vraiment plus loin dans la direction du changement ? La semaine qui s’ouvre apparaît à plus d’un égard décisive pour le successeur de Benoît XVI. Alors que la Communauté de Sant’Egidio réunira une fois encore des centaines de dirigeants religieux de tous bords et de tous horizons à l’ombre de la basilique Saint-Pierre pour en arriver, enfin, à jeter peut-être les bases d’un monde plus pacifié - ce qui est loin d’être gagné… - le Pape de tous les espoirs catholiques est attendu au tournant dans les prochains jours.

Bigre, jamais depuis son élection en mars, le Pape n’aura eu à assumer autant de choix importants en quelques jours. Ce lundi, il a réuni un Consistoire de ses cardinaux pour annoncer la date commune de la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II (ce sera le 27 avril prochain).

Relancer l’évangélisation et réformer

Mais bien plus encore que ce consistoire, François devra mener à bien, cette semaine, le véritable lancement de son G8, en l’occurrence le sommet qu’il aura avec huit cardinaux du monde entier qui devraient l’épauler à relever son double défi : relancer l’évangélisation et, surtout, réformer le gouvernement de l’Eglise.

Coordonné par le cardinal hondurien Oscar Andrés Maradiaga, ce groupe de conseil comprend, en outre, les cardinaux Giuseppe Bertello (Italie), président du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican; Francisco Ossa, ancien archevêque de Santiago (Chili); Oswald Gracias, archevêque de Bombay (Inde); Reinhard Marx, archevêque de Munich-Freising (Allemagne); Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa (Congo); Sean Patrick O’Malley, archevêque de Boston (Etats-Unis) et George Pell, archevêque de Sydney (Australie).

En six mois de pontificat, il a fait montre d’une réelle volonté de changement par moult gestes forts, prônant à la fois une Eglise plus dépouillée, une religion plus proche et plus miséricordieuse, mais sans rompre avec les traditions de l’Eglise.

Il est l’heure maintenant d’asseoir tous ces gestes. C’est pourquoi le Pape réunira ses huit conseillers cardinaux issus de tous les continents. Un "groupe consultatif" - le cardinal Danneels qui fut un des initiateurs de l’idée, parle, lui, de "conseil de la Couronne" - qui doit l’aider à réformer la Curie et le gouvernement de l’Eglise, régi par la constitution "Pastor Bonus" de 1988.

Entre-temps, François a aussi mis en place des commissions d’experts sur les affaires économiques, la banque du Vatican et sur les administrations du Saint-Siège. Objectif commun de ces démarches : sortir enfin le Vatican d’une crise très médiatisée vers l’extérieur à grands coups d’intrigues et de scandales, dont le sommet fut la fuite de documents confidentiels de Benoît XVI, les "Vatileaks" de triste mémoire. Jusqu’ici ces cardinaux avaient été reliés à Rome par voie téléphonique; ici, ils se réuniront de mardi à jeudi.

Pèlerinage-point d’orgue à Assise

Une première réunion qui devrait être suivie de bien d’autres - et rien ne dit que des mesures spectaculaires seront d’emblée annoncées. Car le Pape entend largement consulter avant de trancher. Reste qu’on parle de la mise en place d’une Curie moins imposante, dont certains services pourraient être regroupés.

On évoque aussi une meilleure coordination et "des conseils des ministres" plus fréquents avec, en ligne de mire, un renforcement de la collégialité. Mais il se dit aussi que François pourrait aborder "des points chauds" récurrents, comme la place des divorcés remariés interdits de communier ou celle des femmes dans l’Eglise. Avec, en point d’orgue, un pèlerinage du pape François, le jour de la fête de son patron, le "Poverello", à Assise. A cette occasion, il devrait encore marquer un grand coup en exposant sa conception du "dépouillement" de l’Eglise tel qu’il le préconise depuis qu’il est pape…

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