Dupées, les autorités irakiennes persistent!

L'homme d'affaires britannique, à l'origine de cette arnaque, purge actuellement une peine de dix ans de prison.

Dupées, les autorités irakiennes persistent!
©AFP Internet
Robin Duculot (st.)

Lundi, une série d'attaques à la voiture piégée a fait 55 morts, en plein centre de Bagdad. Ces drames récurrents menacent la stabilité du pays. Depuis le mois d'avril, les attentats ont fait plus de 4500 victimes sur l'ensemble du territoire irakien. Malgré les mesures de sécurité dantesques mises en place par les autorités et le climat de paranoïa qui englobe le pays, la police et l'armée semblent impuissantes pour déjouer ce genre d'attaque. Et pour cause, leurs efforts sont annihilés par le matériel déficient dont elles bénéficient. 

Pour repérer les véhicules susceptibles de transporter une bombe, les forces de sécurité irakiennes utilisent des détecteurs... de balles de golf! Un ancien policier britannique avait vendu, à prix d'or, ces "détecteurs de bombes révolutionnaires" à l'Etat irakien. Après avoir légèrement modifié ces objets, normalement utilisés par les golfeurs pour retrouver leurs balles perdues, James McCormick les faisait passer pour de la technologie de pointe capable de déjouer les attentats. Une fois l'arnaque découverte, le fraudeur, qui avait tout de même réussi à obtenir 55 millions de livres (65 millions d'euros), a été condamné à une peine de dix ans de prison.

Le gouvernement irakien avait promis de remplacer rapidement les détecteurs de pacotille par des chiens renifleurs. Mais selon le Guardian, seulement deux provinces sur dix-huit ont mis en place des unités canines. Les autres? Elles utilisent toujours les faux détecteurs, alors que leur inefficacité est de notoriété publique depuis la condamnation de McCormick, il y a six mois déjà. 

Après les attaques du début de semaine, des témoins ont affirmé que les voitures piégées étaient passées par des Checkpoints et avaient été inspectées à l'aide des "détecteurs". De leur côté, les différents responsables politiques se renvoient la responsabilité de ce cafouillage, qui a déjà coûté la vie à des milliers d'Irakiens.

Sur le même sujet