Greenpeace suscite l'émoi partout en Europe

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs grandes villes, dont Bruxelles, en solidarité avec les 28 militants de l'association et 2 journalistes détenus en Russie.

Greenpeace suscite l'émoi partout en Europe
©Photo News
AFP

Le 19 septembre, 28 militants de Greenpeace et deux journalistes ont été arrêtés à bord de l'Arctic Sunrise par des garde-côtes russes, au lendemain d'une action pacifique contre les projets pétroliers de la compagnie Gazprom en Arctique. Ils sont inculpés de piraterie et risquent jusqu'à 15 ans de prison.

Près d'un million de lettres ont été envoyées aux ambassades russes.

Cela ne suffisant pas, Greenpeace a lancé ce samedi une vaste journée de mobilisation mondiale.


Soutien de Bruxelles

Quelque 350 personnes, selon les organisateurs de Greenpeace Belgique, se sont rassemblées, samedi, à 14 heures, place de la Liberté, à Bruxelles, pour la Journée mondiale de solidarité avec les "Arctic 30" détenus en Russie. Plusieurs associations et syndicats se sont joints à Greenpeace, parmi lesquels la Ligue des droits de l'homme, Amnesty, le CNCD 11.11.11.

La députée européenne Isabelle Durant (Ecolo) estime que c'est au politique d'agir : "Criminaliser des citoyens qui résistent pacifiquement pour la protection du bien commun est une dérive inadmissible. Plutôt que de toucher à cette dernière réserve, déjà attaquée par le réchauffement climatique, il est temps d'admettre que les énergies fossiles touchent à leur fin et de développer les renouvelables." Greenpeace souligne les risques d'incidents accrus dans les conditions hostiles de l'Arctique.

"Nous allons faire voter une résolution au parlement pour demander à Didier Reynders, lors de sa rencontre du 15 octobre avec les autorités russes, d'appuyer la libération des 30 et d'affirmer une position contre l'exploitation de l'Arctique", assure la députée fédérale Karine Lalieux (PS).


... en passant par Paris

Quelque 300 personnes ont manifesté samedi à Paris à l'appel de Greenpeace.

"Les accusations sont pour nous sans fondement, ils n'étaient là-bas que pour défendre le climat", a affirmé à l'AFP le directeur général pour la France de l'organisation écologiste, Jean-François Julliard.

"On a vraiment hâte que mon frère sorte au plus vite. Via son avocat on sait qu'il va bien", a déclaré à des journalistes la soeur du seul ressortissant français détenu à Mourmansk, Francesco Pisanu, un marin âgé de 38 ans.

Un grand drapeau jaune proclamant "Libérez les défenseurs du climat" avait été déployé à l'aide d'une grue sur la Place de la République et fixé au bras de la statue de la République qui trône au milieu de cette place.

Au sol, des militants ont installé une banderole de 200 m2 où l'on pouvait lire "climat en danger, les défenseurs en prison".

Outre Greenpeace, des associations écologistes (WWF, Fondation Nicolas Hulot) appelaient à manifester, ainsi qu'Amnesty International et Reporters sans Frontières.

D'autres rassemblements, plus modestes, ont également eu lieu dans de grandes villes françaises. A Rennes en fin de matinée, une dizaine de militants de Greenpeace faisaient signer une pétition pour réclamer la libération des trente détenus.

Comme à Rennes, à Strasbourg et à Lille des militants invitaient les passants à se faire photographier aux côtés des portraits des militants emprisonnés afin de leur manifester leur solidarité de manière symbolique.

Les images ainsi réalisées devaient ensuite être diffusées, avec leur accord, via les réseaux sociaux.


... jusqu'aux célébrités à Londres

L'acteur Jude Law, les musiciens Paul Simonon (The Clash) et Damon Albarn (Blur) ainsi que la styliste Vivienne Westwood ont participé samedi à un rassemblement à Londres pour protester contre l'emprisonnement de militants de Greenpeace en Russie.

Entre 800 personnes (selon la police) et un millier (selon les organisateurs) s'étaient rassemblées devant l'ambassade de Russie, portant des t-shirts et des pancartes demandant la libération de 28 militants écologistes.

Outre ce rassemblement de deux heures, des manifestations étaient aussi prévues dans 17 villes du Royaume-Uni.

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