Directive européenne sur le tabac : une victoire des lobbys ?

Le Parlement européen a donné mardi son feu vert à une nouvelle législation anti-tabac, mais a refusé que les cigarettes électroniques soient vendues exclusivement en pharmacie. Pour la rapporteure, les lobbys du tabac n'ont pas vraiment réussi leur coup

AFP
Directive européenne sur le tabac : une victoire des lobbys ?
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"Nous avons perdu sur certaines choses, nous avons gagné sur d'autres", a déclaré mardi après-midi Linda McAvan, la rapporteure du projet de texte voté mardi midi par les députés européens pour renforcer la législation sur les produits de tabac , reconnaissant que "le pire n'est pas passé". Elle espère que la directive soit adoptée "avant les vacances de Noël". Elle a expliqué en conférence de presse que les lobbys de l'industrie du tabac avaient travaillé jusqu'à la dernière minute pour perturber le vote. "Mais ça n'a pas aussi bien marché que ce qu'ils pensaient.

" C'est la première fois, a-t-elle précisé, que les lobbyistes agissent de façon aussi cachée. "Ils sont parfois passés par des associations d'agriculteurs, ou en se présentant comme représentants des petits commerces."

Elle s'est notamment réjouie de la "grande avancée" que représente l'obligation d'apposer des avertissements relatifs à la santé sur 65% de la surface des paquets de cigarette, bien que cette proportion soit moindre que celle proposée par la Commission européenne et la commission Santé du parlement européen.

"L'industrie du tabac poussait pour que ces avertissements restent cantonnés au bas des paquets, où on ne les aurait pas vus, une fois sur les présentoirs", a-t-elle souligné.

Linda McAvan a aussi épinglé l'interdiction des paquets de moins de 20 cigarettes, qui rendaient impossible l'affichage des messages sanitaires. "Quand ce genre de paquet tombe d'un sac à main, les parents ne savent même pas qu'il s'agit de cigarettes", a-t-elle fait remarquer lors d'une table ronde avec quelques journalistes. Contrairement à ce qui avait été indiqué auparavant, les cigarettes "slim" (fines) ne devraient par contre pas être interdites en tant que telles.

La cigarette électronique, elle aussi concernée par le texte, restera un produit de tabac, contrairement à ce que souhaitaient Commission européenne, Conseil et commission Santé. "Il existe encore peu d'études prouvant que la cigarette électronique aide à arrêter de fumer", a reconnu Mme McAvan. "On dispose d'anecdotes, mais sans plus."

La négociation, avec la Commission et le Conseil, devrait pouvoir commencer la semaine prochaine, a-t-elle précisé, et le vote final pourrait encore intervenir avant les vacances de Noël. "Nous devrons regarder le texte et trouver des compromis", a constaté la rapporteure. Elle espère qu'une bonne partie des mesures contenues dans la directive puisse entrer en vigueur en 2016.

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"Un moment historique" pour le CACE

La cigarette électronique ne sera pas considérée comme un médicament, ont tranché mardi une majorité de députés européens, et pourra donc continuer à être vendue dans les boutiques spécialisées ou chez les buralistes.

Selon M. Hammoudi, "la cigarette électronique n'est pas un outil de sevrage, et donc pas un médicament. C'est un produit d'avenir qui peut être amené à remplacer définitivement le tabac", a-t-il assuré.

"C'est un moment historique pour la cigarette électronique, une victoire pour tous les vapoteurs qui se sont récemment mobilisés", a expliqué à l'AFP le président du CACE.

Quelques centaines d'usagers de la cigarette électronique ou représentants des fabricants de produits à "vapoter", ont manifesté lundi devant le Parlement européen à Strasbourg contre un projet de législation européenne.

Selon M. Hammoudi, "le refus de considérer la cigarette électronique comme un médicament ne signifie pas refuser la réglementation. Nous souhaitons que les utilisateurs soient pleinement informés et conseillés sur la consommation de ce produit et qu'ils disposent de produits de qualité", a-t-il insisté

Selon l'Office français de prévention du tabagisme (OFT) et l'association indépendante d'usagers de la cigarette électronique Aiduce, la baisse des ventes de tabac en France s'explique notamment par l'apparition de l'e-cigarette que 22,6% des fumeurs (3 millions) ont essayée (d'après des données de l'Eurobaromètre 2012).