Assad "peut contribuer à la transition vers une nouvelle Syrie"

Et c'est le négociateur international en charge du dossier syrien Lakhadar Brahimi qui le déclare!

AFP
Assad "peut contribuer à la transition vers une nouvelle Syrie"
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Le négociateur international Lakhadar Brahimi a estimé lundi à Damas que Bachar al-Assad pouvait utilement contribuer à la transition vers une "nouvelle Syrie" mais pas la diriger.

"Beaucoup de ceux qui sont autour de lui considèrent que sa candidature (pour un nouveau mandat présidentiel à la mi-2014) est un fait acquis. Lui estime que c'est son droit absolu (...). Il pense surtout à terminer son mandat", a-t-il affirmé dans une interview faite à Paris et publiée lundi sur le site de Jeune Afrique.

Cependant, "ce que l'Histoire nous apprend, c'est qu'après une crise comme celle-ci, on ne peut pas revenir en arrière. Le président Assad peut donc contribuer utilement à la transition entre la Syrie d'avant, qui est celle de son père et la sienne, et ce que j'appelle la nouvelle République de Syrie", a-t-il ajouté.

Cependant, depuis l'accord sur la destruction de l'arsenal chimique syrien, M. Assad "était un paria, il est devenu un partenaire, mais Bachar n'a jamais été désarçonné et (...) quoi que les gens disent, il n'a jamais douté, ni de son bon droit, ni de sa capacité à l'emporter", a constaté le diplomate algérien.

Arrivé lundi à Damas dans le cadre d'une tournée régionale pour préparer une conférence de paix, M. Brahimi s'est montré prudent sur la participation de l'opposition.

"Cette conférence est le début d'un processus. Nous espérons que l'opposition parviendra à se mettre d'accord sur une délégation crédible et représentative. Il ne faut pas se leurrer: tout le monde ne sera pas présent. En revanche, la suite de ce processus devra inclure le plus de monde possible", a-t-il fait valoir.

Samedi, dix-neuf importantes factions rebelles présentes sur le terrain ont menacé ceux qui oseraient dans l'opposition se rendre à Genève, qualifiant leur participation de "trahison".

Pour M. Brahimi, un diplomate spécialiste des missions impossibles, "ce qui menace la Syrie, ce n'est pas la partition du pays. Le vrai péril qui guette ce pays, c'est une sorte de +somalisation+. Plus durable et encore plus profonde que ce que nous avons pu voir en Somalie".


2 sites d'armes chimiques inaccessibles

Les violences en Syrie ont empêché les inspecteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), chargés de la destruction de l'arsenal chimique syrien, d'accéder à deux sites, a annoncé l'OIAC lundi. Les inspecteurs "ont conclu leurs activités de vérification sur 21 des 23 sites déclarés par la Syrie", a indiqué l'OIAC dans un communiqué, soulignant que "les deux sites qui doivent encore être inspectés ne l'ont pas été pour des raisons de sécurité".

Les inspecteurs devaient avoir inspectés l'ensemble des 23 sites pour dimanche, date butoir à laquelle la Syrie devait également avoir soumis à l'OIAC un programme détaillé pour la destruction de son arsenal chimique.

L'OIAC, qui avait reçu le prix Nobel de la paix début octobre, est chargée de superviser la destruction de l'arsenal chimique syrien suite à une résolution historique des Nations unies.

Cette résolution 2118 ordonne la destruction de l'arsenal chimique syrien d'ici la mi-2014.

Le Conseil exécutif de l'OIAC utilisera la déclaration soumise jeudi pour fixer d'ici au 15 novembre les différentes dates butoir pour la destruction de l'arsenal chimique de la Syrie, devenue officiellement État partie à la convention le 14 octobre.

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