Aung San Suu Kyi et le pape François: "syntonie fondamentale"

Le pape François et la Birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, se sont rencontrés pour la première fois ce lundi. L'occasion d'exprimer leur "syntonie fondamentale" sur la paix et la démocratie.

Aung San Suu Kyi et le pape François: "syntonie fondamentale"
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Le pape François et la Birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, ont exprimé "leur syntonie fondamentale" sur la paix et la démocratie lors d'un entretien lundi, a indiqué le Vatican.

L'entretien, qui a duré vingt minutes dans la bibliothèque du palais pontifical, a permis au pape argentin d'"exprimer son appréciation pour l'engagement non violent de l'opposante en faveur de la paix et de la démocratie", qui correspond aussi à ses propres priorités, a expliqué le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi.

Mme Suu Kyi, figure historique de l'opposition non-violente à la junte militaire birmane, dissoute en 2011, a été applaudie avant son entrée dans la bibliothèque par des personnels de la télévision du Vatican.

"Le pape a déclaré qu'il priait pour la Birmanie, pour le dialogue interreligieux dans ce pays. Il a aussi assuré que l'Eglise était au service de tous sans discrimination en Birmanie", a ajouté le porte-parole devant des journalistes.

Evoquant ensuite l'entretien lors d'une conférence de presse avec la ministre italienne des Affaires étrangères Emma Bonino, Mme Suu Kyi a indiqué qu'ils avaient évoqué "la peur et la haine" génératrices de violences.

"Le Saint-père m'a dit que les émotions comme la haine et la peur diminuent la vie et la valeur des personnes", a relevé la dirigeante d'opposition, qui est revenue devant la presse sur les troubles interreligieux dans son pays: "Je condamne toute forme de violence et de haine mais pas un peuple en particulier. Tout cela survient en raison de la peur", a-t-elle dit.

Des violences antimusulmanes ont fait plusieurs morts dans l'Etat Rakhine (ouest) début octobre. Il avait été le théâtre en 2012 de deux vagues d'affrontements entre des Rakhines bouddhistes et des Rohingyas musulmans.

Cette première rencontre entre Mme Suu Kyi et le nouveau pape intervient dans le cadre d'une tournée européenne de celle qui est secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti de l'opposition birmane.

Aung San Suu Kyi est l'une des personnalités les plus respectées de l'Asie, dans un pays où les catholiques restent très minoritaires (1% environ de la population) et où les divisions ethniques restent fortes.

Le Vatican et la Birmanie n'ont pas de relations diplomatiques.

Le catholicisme a été implanté au XIXe siècle par les missionnaires, surtout dans des régions reculées du nord-est.

Le pape veut relancer la mission catholique "aux périphéries", et une des priorités de l'Eglise est l'Asie, continent où le catholicisme est minoritaire mais dynamique et en expansion.

François désire, a rappelé le père Lombardi, se rendre dans les prochaines années en Asie, même si aucun projet concret n'a encore été rendu public.

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