Mondial-2022: Daniel Cohn-Bendit dénonce "l'esclavagisme" au Qatar

"Je ne sais pas si quelqu'un va se réveiller à un moment", s'est demandé M. Cohn-Bendit.

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Mondial-2022: Daniel Cohn-Bendit dénonce "l'esclavagisme" au Qatar
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Le chef de file des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, a dénoncé mardi "l'esclavagisme" en vigueur selon lui au Qatar, pays hôte du Mondial-2022, et exhorté les dirigeants du football européen à réagir.

"Il y a une urgence sur le Qatar, sur l'esclavagisme au Qatar", a affirmé le co-président du groupe des Verts au Parlement européen au cours d'une conférence de presse à Strasbourg.

Le Parlement européen doit voter jeudi une résolution pour dénoncer les conditions de vie des travailleurs immigrés au Qatar, notamment sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022. Amnesty International a publié dimanche un rapport qui estime que l'exploitation des ouvriers "s'apparente dans certains cas à du travail forcé".

"Je ne sais pas si quelqu'un va se réveiller à un moment", s'est demandé M. Cohn-Bendit, un passionné de football qui a prévu, après son retrait de la vie politique, de commenter les matches du Mondial l'an prochain au Brésil.

Rappelant que des clubs européens prestigieux comme le FC Barcelone ou le Paris Saint-Germain étaient financés par le richissime émirat gazier, M. Cohn-Bendit a estimé que "personne ne dit rien parce que tout le monde s'en met plein les poches". "Les Qataris achètent tout le monde et donc on accepte l'esclavagisme", a-t-il insisté.

Il a souhaité que "tous ceux qui ont milité" pour l'organisation du Mondial au Qatar, dont les Français Zinedine Zidane et Michel Platini, patron de l'UEFA, "ouvrent un peu la gueule" pour "arrêter l'esclavagisme au 21e siècle au Qatar".

Le leader écologiste a par ailleurs estimé que l'organisation de cette compétition au Qatar était "un non-sens total" d'un point de vue écologique.

Le président du groupe des socialistes européens, Hannes Swoboda, a estimé de son côté que si le Qatar ne procédait pas à des "changements spectaculaires" dans sa façon de traiter les travailleurs immigrés, "ce ne serait pas une bonne idée de participer" au Mondial.

Il a souhaité l'envoi d'une mission parlementaire européenne dans ce pays pour évaluer la situation.

Le Qatar a été pointé du doigts à plusieurs reprises pour ses conditions de travail, notamment sur ces chantiers, par des organisations internationales des droits de l'Homme et des syndicats.

Une délégation syndicale internationale avait demandé en octobre à l'émirat d'améliorer immédiatement les conditions des migrants employés sur ses chantiers. L'ONU a fait de même récemment.

Le quotidien britannique The Guardian avait publié fin septembre une enquête répertoriant 44 morts entre juin et août sur un chantier, ce que les autorités ont démenti.