L'Iran refusera qu'on lui impose son niveau d'enrichissement d'uranium

Selon l'accord de Genève, qui ouvre la voie à six mois de délicates tractations pour obtenir un accord "complet", Téhéran a accepté de limiter son niveau d'enrichissement d'uranium à moins de 5% en attendant un accord définitif avec les grandes puissances.

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L'Iran refusera qu'on lui impose son niveau d'enrichissement d'uranium
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L'Iran décidera lui-même du niveau d'enrichissement d'uranium dont il aura besoin, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, cité samedi par des médias iraniens.

"L'Iran décidera de son niveau d'enrichissement selon ses besoins dans les différents domaines", a déclaré M. Zarif, selon l'agence officielle Irna.

"Seuls les détails (de l'enrichissement) sont négociables dans la phase finale des négociations" avec les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne).

Selon les médias, le ministre iranien a fait ces déclarations à la presse après des entretiens dans la ville sainte de Qom, où il a rencontré vendredi des dignitaires religieux pour leur expliquer les détails de l'accord intérimaire conclu le 24 novembre avec les grandes puissances à Genève.

Selon l'accord de Genève, qui ouvre la voie à six mois de délicates tractations pour obtenir un accord "complet", Téhéran a accepté de limiter son niveau d'enrichissement d'uranium à moins de 5% en attendant un accord définitif avec les grandes puissances.

En contrepartie d'une suspension partielle des sanctions internationales qui étouffent son économie, l'Iran a également accepté de transformer la moitié de son stock d'uranium enrichi à 20% (environ 200 kilogrammes) en combustible pour le réacteur médical de Téhéran et de ramener le niveau de l'autre moitié à moins de 5%.

Selon les médias iraniens, l'Iran et le 5+1 ont convenu de négocier un accord définitif qui, notamment, "définira un programme d'enrichissement avec des paramètres acceptés par les deux parties, conformément aux besoins".

Cet accord devrait également déterminer "le volume et le niveau des activités d'enrichissement, la capacité, l'endroit où elles sont menées et les stocks d'uranium que l'Iran pourra avoir pour une période donnée", selon les mêmes sources.

"Nous avons toujours dit qu'on ne permettra pas que quelqu'un d'autre (les autres pays, NDLR) définisse les besoins de l'Iran" en ce qui concerne l'enrichissement, a insisté le ministre iranien, cité par l'agence Fars.

L'enrichissement d'uranium était au centre du bras de fer entre l'Iran et les puissances occidentales qui l'accusaient ainsi qu'Israël de chercher à se doter de l'arme nucléaire.

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