Sans l'UE, l'Italie "retomberait dans le Moyen-Age"

Le chef du gouvernement italien Enrico Letta s'est livré mercredi à un vibrant plaidoyer en faveur de l'Union européenne sans laquelle son pays "retomberait dans le Moyen-Age" et a dénoncé les populismes anti-européens.

Sans l'UE, l'Italie "retomberait dans le Moyen-Age"
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Le chef du gouvernement italien Enrico Letta s'est livré mercredi à un vibrant plaidoyer en faveur de l'Union européenne sans laquelle son pays "retomberait dans le Moyen-Age" et a dénoncé les populismes anti-européens.

"Aujourd'hui nous traçons une ligne nette: de ce côté ceux qui aiment l'Europe, en reconnaissent les contradictions et veulent la réformer mais savent que sans l'UE nous retombons dans le Moyen-Age", a-t-il dit devant les députés dans son discours avant le vote de confiance.

"De l'autre côté se trouvent ceux qui veulent bloquer l'UE. Je vous demande un mandat pour une Europe meilleure. Ceux qui veulent isoler l'Italie, qui cherchent le consensus à travers le populisme, ne doivent pas me voter la confiance", a-t-il lancé.

Ces remarques visaient clairement les deux principaux partis d'opposition, le Mouvement cinq étoiles (M5S) de l'ex-comédien Beppe Grillo et Forza Italia de Silvio Berlusconi, deux formations qui attaquent régulièrement l'UE et l'euro.

M. Letta a consacré une grande partie de son discours à l'Union européenne qu'il veut plus proche des citoyens et capable de les faire rêver de nouveau, de leur offrir des objectifs.

"Aujourd'hui, il manque un projet permettant de relier les différentes réformes individuelles et sans cela l'Europe s'arrêtera et peut imploser", a-t-il mis en garde évoquant tous les grands projets des 30 dernières années que l'UE s'est fixée et a atteint, comme l'euro ou l'élargissement.

"C'est en étant conscient de cela que nous nous apprêtons à guider l'Europe pendant notre semestre et pour nous ce n'est pas un rendez-vous habituel, bureaucratique. Nous voulons jouer d'attaque", a poursuivi M. Letta en évoquant la présidence italienne de l'UE qui démarre le 1er juillet 2014. "L'Europe a contribué à améliorer l'Italie, aujourd'hui l'Italie doit contribuer à améliorer l'Europe", a-t-il martelé.

Il a évoqué les funérailles de Nelson Mandela comme exemple de cet effacement relatif de l'Union européenne contre lequel il veut lutter.

"L'absence dramatique de l'Union européenne a été perceptible hier quand nous tous Européens avons été présents à la commémoration de Nelson Mandela mais les protagonistes ont été les autres: les Etats-Unis, la Chine, l'Inde et le Brésil", a-t-il relevé.

"Nous Européens divisés, nous avons été les acteurs silencieux et non pas les protagonistes. Le message d'hier a été douloureux, nous n'avons plus de temps. Le monde change et il change sans nous attendre. Nous pouvons compter seulement si nous sommes unis", a-t-il conclu.

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