Ban Ki-moon aux Syriens: "trop, c'est trop"

Ban Ki-moon, a appelé mercredi les Syriens à négocier pour arriver à une "fin immédiate" du conflit.

BELGA et AFP
Ban Ki-moon aux Syriens: "trop, c'est trop"
©AFP

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé mercredi les Syriens à négocier pour arriver à une "fin immédiate" du conflit, estimant qu'"il y a déjà eu trop d'"horreurs" et de "souffrances". Dignitaires et opposants syriens se sont retrouvés mercredi dans la ville suisse de Montreux pour leur premier face-à-face depuis le début de la guerre qui ravage leur pays depuis presque trois ans, en présence d'une quarantaine de pays.

"Notre but était d'envoyer un message aux deux délégations syriennes et au peuple syrien pour dire que le monde veut une fin immédiate du conflit", a déclaré M. Ban. "Trop, c'est trop, il est temps de négocier", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse de clôture de la réunion de Montreux. "Nous devons saisir cette chance fragile. Personne ne sous-estime l'importance de la tâche", a-t-il tenu à souligner.

"C'est la première fois qu'on les réunit. Il faut encourager les parties à parler dès que possible (...) je suis certain que les talents de médiateur de M. Brahimi feront qu'ils s'assoiront autour de cette table", a-t-il dit en référence au médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, assis à ses côtés.

Ce dernier a indiqué qu'il rencontrera jeudi les deux parties pour discuter de la prochaine étape des négociations dans le cadre de la conférence dite de Genève II.

"Demain, je vais les rencontrer séparément et voir quelle est la meilleure manière d'aller de l'avant. Allons-nous nous réunir dans une même salle et entamer les discussions ou parlerons-nous séparément un peu avant ? Je ne sais pas encore", a ajouté M. Brahimi.

Didier Reynders "très pessimiste"

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders reste "très pessimiste" sur une issue positive des négociations de paix syriennes après la "mauvaise déclaration" de son homologue du régime syrien Walid Muallem, à la conférence de paix sur la Syrie à Montreux (Suisse). Il espère cependant toujours qu'un premier pas pourra être posé vers un cessez-le-feu et un meilleur accès à l'aide humanitaire dans ce pays déchiré par une guerre civile. Les attentes concernant les négociations n'étaient pas très élevées ces derniers jours. Le ministre belge Didier Reynders "reste très pessimiste" après la déclaration du ministre des Affaires étrangères du régime de Bachar Al-Assad. "C'est clair et net: ils ne veulent sans doute pas d'accord", a-t-il estimé. "Une solution politique définitive sera très difficile."

Une telle solution doit signifier pour le vice-premier ministre que Bachar Al-Assad ne bénéficierait d'aucune impunité et qu'un gouvernement de transition soit mis en place avec l'accord et le soutien de toutes les parties, sans qu'il y ait de place dedans pour Al-Assad.

Une solution politique peut être une deuxième étape, selon Didier Reynders. La première étape serait alors un cessez-le-feu, qui pourrait donner le champ libre pour des pays et des organisations souhaitant acheminer de l'aide humanitaire en Syrie. Didier Reynders pense que la Belgique aussi, même en tant que contributeur mineur, peut exercer une influence sur le plan humanitaire. "Le plus important est que les deux parties (le régime et l'opposition) soient réunies autour de la table ces prochains jours et peut-être semaines à Genève", a-t-il encore commenté.

"Assad ne partira pas", martèle le ministre syrien de l'Information

Le président syrien Bachar al-Assad "ne partira pas", a martelé mercredi le ministre syrien de l'Information, faisant irruption dans la salle de presse où sont réunis des centaines de journalistes pour la conférence de paix de Genève II à Montreux.

"Assad ne partira pas", a lancé Omrane al-Zohbi à l'adresse des journalistes, appelant le monde à aider le gouvernement syrien "à combattre le terrorisme", en référence aux rebelles en Syrie.