Copé: "Pas d'alliance avec le FN. Jamais"

Le président de l’UMP, Jean-François Copé, était l’invité du député MR Alain Destexhe au Cercle de Lorraine, mercredi. Le chef de l’opposition espère que le PS de François Hollande sera sanctionné aux municipales de mars. Défenseur d’une droite décomplexée, il refuse tout rapprochement avec le FN.

Dorian de Meeûs et Olivier le Bussy
Copé: "Pas d'alliance avec le FN. Jamais"
©Christophe Bortels

Président de l’UMP et leader de l’opposition à François Hollande, Jean-François Copé était de passage à Bruxelles, mercredi. A l’invitation du député MR Alain Destexhe, il a présenté son “manifeste pour une droite décomplexée” au Cercle de Lorraine, avant d’accorder un entretien à “La Libre”.

Suite à la présentation du pacte de responsabilité, vous avez déclaré que le président Hollande n’était pas crédible. Pourtant, d’autres à l’UMP et le Medef ont affirmé que ce qui était proposé allait dans le bon sens…

Non, nous avons tous dit la même chose, à des degrés divers. A savoir : la situation de la France est très grave. François Hollande mène depuis 20 mois une politique qui va à rebours de ce dont notre économie a besoin. S’il doit y avoir une baisse de charges, tant mieux, mais ce n’est qu’une toute petite partie du chemin à accomplir. Je dis d’ailleurs aux Français : “Ne tombez pas dans ce piège”, à quelques semaines des élections municipales. Je rappelle que le Président a décidé 50 milliards d’augmentation d’impôts en deux ans. Là, si j’ai bien compris, il ne s’agirait que de trois milliards de baisse par an…

Vous dites qu’une défaite du PS aux municipales serait un désaveu de la politique du président Hollande. Mais le contexte municipal est particulier. Peut-on en tirer des enseignements au niveau national ?

Il y aura bien sûr un contexte local qui jouera. Mais en 1983 et 2001, les élections municipales ont été un raz-de-marée pour la droite. En 2008, ce fut pour la gauche. Il faut regarder ça à l’aune de cet élément aussi.

Vous ne craignez pas que les mécontents se tournent plutôt vers les extrêmes ?

Le risque existe. Je dis aux Français : “Si vous voulez exprimer votre mécontentement, votre déception, votez pour les candidats UMP”. Comme nous ne faisons pas d’alliance avec le Front national, votez pour le FN, ce sera des votes en moins pour l’UMP. Et François Hollande aura beau jeu de dire “Si c’est comme ça, je ne change rien”.

L’UMP a musclé son discours, sur l’immigration notamment, pendant que le FN lisse le sien, en apparence. Les électeurs risquent de ne plus faire la différence…

Je ne le crois pas. Le problème n’est pas de savoir qui propose telle idée. Il n’y aura jamais d’alliance avec le FN donc le débat est clos. Faut-il s’interdire de parler de ce qui préoccupe les Français ? Evidemment pas. C’est notre mission de le faire.

S’il devait y avoir une alliance UMP-FN au niveau local, quelle serait votre réaction ?

Refus total. Toute personne qui ferait alliance avec le FN se placerait immédiatement à l’extérieur de l’UMP.

Vous avez dénoncé l’alliance conclue à Pau entre le candidat UMP et François Bayrou. Pour vous, la réconciliation entre l’UMP et Bayrou est impossible ?

Je n’ai rien oublié de la manière dont François Bayrou a fait activement campagne pour que François Hollande soit président de la République.

La ligne de l’UMP n’est pas toujours lisible sur des sujets comme le pacte de responsabilité, la modification de la loi Veil sur l’avortement, le mariage pour tous… Le parti donne l’impression d’être l’objet de tensions internes permanentes…

Pas du tout. Qu’il y ait des débats entre nous est normal. J’ai toujours veillé à ce qu’il y ait une grande liberté de parole au sein de l’UMP. Samedi, nous proposerons un programme économique majeur, qui comprendra la suppression des 35h, une diminution des impôts et bien d’autres réformes très fortes. C’est le programme qui nous rassemble.

Vous défendez une droite “décomplexée”, concept derrière lequel tous ne se retrouvent pas à l’UMP. Vous ne craignez pas une fracture du parti, à terme ?

Jean-Pierre Raffarin, qui a une sensibilité de centre droit, m’a beaucoup soutenu. Nous nous retrouvons derrière un même projet.

Fin 2012, vous avez été élu à la tête de l’UMP à l’issue d’un scrutin aux résultats contestés par votre rival François Fillon. Ces tensions appartiennent-elles au passé ? D’aucuns contestent votre leadership…

Il est possible que je ne sois pas le premier choix de tous les membres du parti, mais en juin dernier, les militants ont décidé à 93 % que je conduise l’UMP jusqu’après les élections. La violente crise de fin 2012 a conduit des gens qui n’avaient pas voté pour moi à raconter des horreurs à mon sujet. J’ai fait le choix de ne pas y répondre afin de préserver l’unité de l’UMP. En travaillant sur le fond, on a permis à un autre parti, engagé vers l’avenir, de voir le jour. Il peut toujours y avoir l’un ou l’autre récalcitrant, mais globalement, on a tourné la page.

L’ombre de Nicolas Sarkozy continue de planer sur l’UMP. Vous répétez que quelle que soit sa décision pour les présidentielles de 2017, vous serez à ses côtés. S’il se présente aux primaires de l’UMP, vous y renoncerez ?

Ecoutez, à ce stade, on est très loin de tout cela ! La préoccupation du moment, ce sont les municipales, pas les primaires. On verra où nous en sommes après…

Au Cercle de Lorraine, une amie de lycée rappelait qu’à 17 ans, vous annonciez que vous seriez un jour président de la République…

Vous comprenez que ce sont des choses très importantes dont je préfère m’entretenir d’abord avec vos confrères français.


Jean-François Copé s'exprime aussi sur la vie privée du Président français et sur l'affaire Dieudonné dans La Libre Belgique de ce jeudi


Sur le même sujet