Genève II: un "début très modeste, mais c'est un début"

"C'est un début sur lequel on peut construire", a déclaré Lakhdar Brahimi, affirmant qu'il avait noté "quelques points de convergence" entre les deux parties.

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Genève II: un "début très modeste, mais c'est un début"
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La conférence de Genève II sur la Syrie est un "début très modeste, mais c'est un début", a souligné vendredi à la fin de la première session de négociations entre l'opposition et le régime le médiateur des Nations unies Lakhdar Brahimi.

"C'est un début sur lequel on peut construire", a-t-il dit, affirmant qu'il avait noté "quelques points de convergence" entre les deux parties.

Les négociations syriennes reprendront "en principe" le 10 février, a indiqué le médiateur. La délégation du régime a précisé qu'elle devait d'abord consulter Damas pour confirmer cette date.

"J'ai suggéré de reprendre (les pourparlers) en se basant sur un agenda sur lequel on s'était mis d'accord et de nous rencontrer le 10 février (...) la délégation du régime a dit qu'elle avait besoin de consulter d'abord Damas", a indiqué M. Brahimi.

Il a présenté dans un document écrit sa lecture de la conférence commencée le 22 janvier à Montreux, affirmant vouloir se focaliser "sur les élèments positifs".

"Les deux parties ont dialogué à travers moi, ce fut un démarrage très difficile mais les deux parties ont pris l'habitude de s'asseoir dans la même pièce", a noté le diplomate.

"Il ne fait pas de doute que les positions importantes sont très éloignées, nous avons cherché des points communs sur lesquels les deux parties pouvaient s'entendre", a-t-il ajouté.

Pas de "résultats tangibles" lors de cette semaine de négociations

Walid Mouallem, le ministre syrien des Affaires étrangères, a estimé ne pas avoir obtenu "des résultats tangibles" au cours de la semaine de négociations à Genève avec l'opposition. "Je suis au regret de vous dire que nous n'avons pas atteint de résultats tangibles durant cette semaine de dialogue", a-t-il déclaré à la presse. Il a mis en cause le "manque de responsabilité et de sérieux" des dirigeants de l'opposition et "leur volonté de faire imploser la conférence, comme si nous venions là pour une heure et tout leur céder", dénonçant "les illusions dans lesquelles ils vivent".

"J'ai dit à Montreux que personne ne peut remplacer la direction syrienne", a rappelé M. Mouallem en référence au président Bachar al-Assad.

Il s'en est pris à plusieurs reprises à la délégation de l'opposition: "nous devons connaître l'identité de l'autre partie, sont ils ou non Syriens? ".

"Malheureusement nous avons constaté le grand écart entre eux et ce qui se passe sur le terrain en Syrie (...) bien sûr quand vous séjournez dans des hôtels cinq étoiles à l'étranger, vous avez un certain détachement, qu'ils aillent dans la vieille ville de Homs et nous verrons ce qui leur arrivera", a déclaré le chef de la diplomatie syrienne.

Il se référait au quartier de la vieille ville de Homs (centre de la Syrie), assiégé par les forces du régime depuis plus de 600 jours et pour lequel un accord n'a pas été trouvé à Genève, que ce soit pour un ravitaillement humanitaire comme le demandait l'opposition ou pour une évacuation des femmes et des enfants comme l'a proposé le gouvernement.