Ratzinger a réussi à se faire oublier

Il y a un an, Benoît XVI annonçait son retrait. Le pape honoraire vit dans la discrétion.

Laporte Christian
Ratzinger a réussi à se faire oublier
©photonews

Il y a un an, le monde catholique et le monde tout court étaient frappés de stupeur : Benoît XVI annonçait son abdication. Un an plus tard, le pape honoraire réside toujours au Vatican mais à l’écart du pouvoir. Entendez : ni au Palais apostolique, pas davantage à la résidence Ste-Marthe où vit sobrement son successeur. Depuis début mai, Benoît XVI habite dans l’ancien monastère Mater Ecclesiae avec son secrétaire Georg Gänswein et quatre laïques consacrées qui le servaient déjà.

Comme il s’y était engagé, pas question d’interférer dans la gestion de son successeur. On ne l’a jamais vu dans le sillage de François, même pas lors de la réception de l’An ni à aucune cérémonie à St-Pierre.

Comme annoncé, Josef Ratzinger mène de nouveau une vie "normale". Dans la plus grande discrétion. Ceux qui l’ont approché le trouvent apaisé. Comme si la fin bousculée de son pontificat éclaboussé par le Vatileaks de son ex-majordome indélicat et par les dysfonctionnements de la Curie avait été un chemin de croix.

Mieux : après encore quelques écrits critiques, les vaticanistes redressent aussi son image. Sa clarté théologique est encensée comme son action contre la pédophilie ecclésiale. Une image nouvelle qu’accompagne un retour en forme.

Mélomane, écrivain et accueillant

Lorsqu’il avait rencontré François, à Castel Gandolfo, il avançait lentement sur sa canne, il semblait avoir vieilli de dix ans. Depuis, il a récupéré même s’il "porte son âge". Que fait un pape pensionné? "Je vis comme un moine, je prie et je lis, je vais bien", a-t-il confié. Il semble qu’il écrive aussi. Peut-être une autobiographie à en croire un prélat allemand. En même temps, ce mélomane averti écoute de la musique lors de petits concerts ou joue du piano. Et il reçoit discrètement des amis et son frère Georg, 90 ans. Avec le pape François, sa relation est bonne même s’il ne partage pas toutes ses initiatives.

Benoît XVI n’est pas coupé du monde : il a répliqué dans "La Repubblica" à un philosophe athée, Piergiorgio Odifreddi, qui critiquait l’Eglise. Il appela son interlocuteur à être "plus compétent" historiquement sur Jésus. Et lui fit remarquer que, dans "sa religion des mathématiques, il manquait trois thèmes fondamentaux de l’existence humaine : la liberté, l’amour et le mal". Christian Laporte