Ukraine : Poutine accepte d'entamer un dialogue

Selon un porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, Vladimir Poutine a accepté la proposition de cette dernière de mettre en place une mission pour engager un dialogue politique concernant l'Ukraine.

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Ukraine : Poutine accepte d'entamer un dialogue
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Vladimir Poutine a accepté une proposition d'Angela Merkel sur la création d'un "groupe de contact" pour entamer "un dialogue politique" sur l'Ukraine, a indiqué dimanche le gouvernement allemand, après un entretien téléphonique de la chancelière allemande avec le président russe.

"Le président Poutine a accepté la proposition de la chancelière d'établir immédiatement une mission d'enquête ainsi qu'un groupe de contact, éventuellement sous la direction de l'OSCE, pour entamer un dialogue politique", selon un communiqué du gouvernement allemand.

Dimanche, l'Otan a appelé la Russie et l'Ukraine à rechercher une "solution pacifique" à la crise à travers le "dialogue" et le déploiement d'observateurs internationaux", qui se ferait "sous les auspices du Conseil de sécurité des Nations unies ou de l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe".

Lors de son entretien téléphonique dimanche soir avec M. Poutine, la chancelière a "reproché au président russe d'avoir violé le droit international par l'intervention russe, inacceptable, en Crimée". Mme Merkel a notamment fustigé la violation du mémorandum de Budapest de 1994, dans lequel la Russie s'était engagée à respecter l'indépendance et la souveraineté de l'Ukraine dans ses frontières existantes, ainsi que le traité sur la flotte russe de la Mer noire de 1997.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait formulé des accusations similaires. La chancelière a, par ailleurs, de nouveau exhorté M. Poutine à respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine, selon le communiqué.

Dans le Mémorandum de Budapest, signé en 1994, la Russie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s'étaient portés garants de l'indépendance de l'Ukraine en échange de son renoncement aux armes nucléaires après la chute de l'Union soviétique dont elle faisait partie. Selon le traité de 1997, la base navale de la marine russe reste à Sébastopol, port de Crimée, grâce à un bail de vingt ans signé entre l'Ukraine et la Russie, qui court jusqu'en 2017.

Un peu plus tôt dans la soirée de dimanche, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, s'était montré sceptique quant à une éventuelle exclusion de la Russie du G8, évoquée par Washington, plaidant en faveur d'une désescalade de la situation en Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry sera à Kiev mardi pour soutenir les autorités intérimaires ukrainiennes, au moment où les troupes russes contrôlent complètement la Crimée, ont annoncé dimanche des responsables américains.

Le département d'Etat a annoncé dans un bref communiqué le voyage de M. Kerry mardi dans la capitale ukrainienne, tandis qu'un responsable américain faisait état du "contrôle opérationnel complet" par Moscou de la Crimée, une péninsule du sud de l'Ukraine.

Berlin met Moscou en garde contre une nouvelle division de l'Europe

L'Allemagne a mis dimanche la Russie en garde contre une intervention militaire en Ukraine tout en affirmant qu'une "nouvelle division de l'Europe peut encore être évitée". "Nous appelons de toute urgence la Russie à s'abstenir de toute atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

"Nous sommes sur la voie très périlleuse qui conduit à une aggravation de la tension. Une inversion est encore possible. Une nouvelle division de l'Europe peut encore être évitée", a-t-il ajouté.

"Il est impératif que tous les responsables renoncent à des mesures qui ne peuvent être comprises que comme une provocation", a poursuivi M. Steinmeier affirmant qu'une autre attitude risquait d'avoir des "conséquences dramatiques" et "de réduire à néant des années de coopération pour une Europe plus sûre".

Les déclarations du ministre allemand sont intervenues alors que l'Ukraine a décidé de rappeler ses réservistes face à la menace russe d'une intervention militaire sur son territoire.

L'UE doit veiller à ce que l'Ukraine ne réagisse pas militairement

L'Union européenne doit réfréner les nouveaux dirigeants ukrainiens et veiller à ce qu'ils ne réagissent pas militairement à la provocation russe, a déclaré le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht dimanche, sur la radio néerlandaise VPRO. Sur la VRT, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a quant à lui appelé à un signal fort envers la Russie. Karel De Gucht ne veut sous aucun prétexte envoyer des militaires européens sur place pour servir d'intermédiaires. "Cela signifierait vraiment un conflit militaire au centre de l'Europe. Même pendant la Guerre Froide, ce n'est jamais arrivé." Si les Ukrainiens réussissent à rester calmes, le président russe Vladimir Poutine naviguera alors en eaux troubles, estime le commissaire européen.

Dans De Zevende Dag, Didier Reynders a indiqué qu'il faut que quelque chose arrive depuis les Etats-Unis, mais que l'Union européenne aussi doit réagir. "Il est très important d'avoir une réaction forte vis-à-vis de la Russie. En même temps, nous devons essayer de rétablir le dialogue."

Selon le ministre des Affaires étrangères, il sera plus difficile de négocier avec la Russie après la fin des Jeux Olympiques d'hiver qu'avant. Il s'attend à ce que l'Europe décide lundi d'envoyer la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères Catherine Ashton en tant que médiatrice à Kiev et Moscou.

Obama exhorte Poutine à discuter pacifiquement avec les autorités de Kiev

Les Etats-Unis avaient exigé samedi de la Russie qu'elle replie ses forces déployées en Crimée, faute de quoi elle s'exposerait à un isolement international et à un impact "profond" sur ses relations avec Washington.

Lors d'un appel téléphonique de 90 minutes, le président Barack Obama a affirmé à son homologue Vladimir Poutine qu'il avait violé la loi internationale en déployant des soldats russes en Crimée, dans le sud de l'Ukraine, et l'a exhorté à discuter pacifiquement avec les autorités de Kiev de ses inquiétudes sur le traitement des russophones dans le pays, a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué.

Les mouvements militaires russes sont une "claire violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ce qui est une infraction à la loi internationale, dont les obligations de la Russie aux termes de la charte de l'ONU", a déclaré M. Obama à M. Poutine, selon la présidence américaine. "Les Etats-Unis condamnent l'intervention russe en territoire ukrainien".

"Les Etats-Unis appellent la Russie à faire baisser les tensions en repliant ses forces dans leurs bases de Crimée et à s'abstenir de toute interférence ailleurs en Ukraine", a-t-il ajouté.

La Russie risque sa place au sein du G8

Les mouvements militaires russes sont une "claire violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ce qui est une infraction à la loi internationale, dont les obligations de la Russie aux termes de la charte de l'ONU", a déclaré M. Obama à M. Poutine, selon la présidence américaine. "Les Etats-Unis condamnent l'intervention russe en territoire ukrainien".

"Les Etats-Unis appellent la Russie à faire baisser les tensions en repliant ses forces dans leurs bases de Crimée et à s'abstenir de toute interférence ailleurs en Ukraine", a-t-il ajouté.Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a mis fermement en garde la Russie dimanche sur le risque de perdre sa place au sein du G8 si Moscou poursuit son incursion militaire en Crimée, dans le sud de l'Ukraine.

Le président Vladimir Poutine "pourrait ne pas avoir de (sommet du) G8 à Sotchi, il pourrait même ne pas rester au sein du G8 si cela continue", a prévenu M. Kerry sur la télévision américaine NBC.

Paris et Londres suspendent leur participation aux préparatifs du G8 à Sotchi

Paris et Londres ont confirmé dimanche avoir suspendu leur participation aux réunions préparatoires du sommet du G8, prévu en juin prochain à Sotchi, en Russie. A la lumière de la crise en Ukraine, la France et la Grande-Bretagne exigent que Moscou respecte ses obligations découlant du droit international.

"Les décisions qui ont été prises par nos partenaires russes sont contraires aux principes du G7 et du G8", a estimé dans la matinée le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. Une source élyséenne a ensuite confirmé que Paris avait suspendu sa participation aux réunions préparatoires du G8. Cette position rejoint celle déjà exprimée samedi par la Maison Blanche qui a indiqué que les Etats-Unis allaient suspendre "leur participation aux rencontres préparatoires du sommet du G8".

Le ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, a lui aussi annoncé dimanche que le Royaume-Uni suspendait sa participation aux réunions préparatoires, avant de se rendre à Kiev. "Le Royaume-Uni va se joindre à d'autres pays du G8 cette semaine en suspendant notre coopération sous l'égide du G8, que la Russie préside cette année, ce qui inclut les réunions de cette semaine pour la préparation du sommet."

De son côté, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a mis fermement en garde la Russie dimanche sur le risque de perdre sa place au sein du G8 si Moscou poursuit son incursion militaire en Crimée, dans le sud de l'Ukraine. "Le président Vladimir Poutine "pourrait ne pas avoir de G8 à Sotchi, il pourrait même ne pas rester au sein du G8 si cela continue", a-t-il prévenu.

Le parlement russe (Douma) a approuvé samedi le recours aux forces armées en Crimée, république autonome ukrainienne et ce vote suscite l'inquiétude et les critiques de la communauté internationale.

Le commandant en chef de la marine annonce prêter allégeance aux pro-russes de Crimée

Le commandant en chef de la marine ukrainienne, l'amiral Denis Berezovski, a annoncé dimanche qu'il prêtait allégeance aux autorités pro-russes de Crimée, au cours d'une conférence de presse à l'état-major de la flotte russe à Sébastopol. "Je prête allégeance aux habitants de la république autonome de Crimée. Je jure d'obéir aux ordres du commandant suprême de la république autonome de Crimée", a-t-il déclaré.

Le Premier ministre pro-russe de Crimée, Serguiï Axionov, a salué un "événement historique" et souligné que l'amiral Berezovski acceptait ainsi de se placer "sous les ordres des autorités légitimes de la péninsule", au cours de cette même conférence de presse.

L'amiral Berezovski avait été nommé vendredi à la tête de la marine ukrainienne par le président par intérim Olexandre Tourtchinov. Kiev est en train de perdre le contrôle de la Crimée, où des milliers de soldats non identifiés bloquent les militaires ukrainiens dans leurs casernes.

La Crimée, péninsule russophone du Sud de l'Ukraine, est la région d'Ukraine qui s'oppose le plus radicalement aux nouvelles autorités en place à Kiev après la destitution du président Viktor Ianoukovitch à l'issue de trois mois de contestation ayant culminé dans un bain de sang avec la mort de 83 personnes dont une quinzaine de policiers en trois jours dans la capitale ukrainienne.

La Crimée qui était aux mains des Turcs a été conquise par la Russie à la fin du XVIIIe siècle. Elle a d'abord appartenu, au sein de l'URSS, à la Russie, avant d'être rattachée à l'Ukraine en 1954. Elle abrite toujours la flotte russe de la mer Noire, dans le cadre d'un accord entre les deux pays.