Merkel: "Poutine a perdu tout contact avec la réalité"

A l'issue de son entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé à Barack Obama que le président russe avait perdu "tout contact avec la réalité", selon le New York Times.

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Merkel: "Poutine a perdu tout contact avec la réalité"
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A l'issue de son entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé à Barack Obama que le président russe avait perdu "tout contact avec la réalité", selon le New York Times.

La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé au président américain Barack Obama que M. Poutine "a perdu tout contact avec la réalité." "Il est dans un autre monde", aurait ajouté Angela Merkel lorsqu'elle a contacté lundi M. Obama après son entretien téléphonique avec le président russe, selon le quotidien New York Times.

Après l'échange avec la chancelière allemande, M. Poutine a accepté de charger un groupe d'experts internationaux d'examiner la situation en République ukrainienne autonome de Crimée. Des observateurs de l'OSCE vont se rendre lundi soir en Ukraine.

Nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira une nouvelle fois lundi après-midi à New York à propos de la crise en Ukraine et en Crimée, a annoncé la présidence luxembourgeoise du Conseil. Cette réunion publique a été convoquée pour 15H30 (21H30 HB) à la demande de la Russie, ont indiqué des diplomates.

Il s'agira de la troisième réunion d'urgence du Conseil en quatre jours sur ce dossier.

Samedi, une réunion des ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil s'était soldée par un constat de désaccord entre Occidentaux et Russes, Washington et Londres mettant Moscou en demeure de retirer ses renforts militaires en Crimée.

La réunion de samedi avait aussi donné lieu à deux heures de bras de fer sur la procédure, Moscou refusant que des consultations se transforment en séance publique et s'opposant à la présence du représentant ukrainien à l'ONU.

Selon un diplomate du Conseil, la Russie "a été prise de court samedi et veut donner sa lecture des événements, d'autant que les chosent se gâtent sur le terrain".

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a vivement dénoncé lundi à Genève les menaces de "sanctions" et de "boycottage" suite à l'action de la Russie en Ukraine, les Occidentaux envisageant notamment de priver Moscou de son siège au G8.

M. Lavrov a une nouvelle fois accusé le nouveau gouvernement ukrainien de vouloir s'en prendre aux minorités et a défendu la création de groupes d'auto-défense pour "protéger les populations" russes et russophones.

Selon les gardes-frontières ukrainiens, des militaires russes continuent de débarquer massivement en Crimée, en violation des accords internationaux.

Une intervention de l'armée russe n'est "pas nécessaire pour le moment" 

Le président de la chambre basse du Parlement russe (Douma), Sergueï Narychkine, a estimé lundi qu'une intervention de l'armée russe en Ukraine n'était "pas nécessaire pour le moment". "La décision prise par le Conseil de la Fédération (sénat russe) nous donne ce droit, et nous pouvons l'utiliser si nécessaire, mais ce n'est pas nécessaire pour le moment", a déclaré M. Narychkine à la chaîne de télévision publique Russie 24.

Interrogé par un journaliste lui demandant s'il y avait une possibilité de trouver une solution à la situation en Ukraine par un dialogue politique, le président de la Douma a répondu "évidemment". "Je ne veux même pas, comme mes collègues, prononcer le mot +guerre+", a-t-il ajouté.

A la demande du président Vladimir Poutine, les deux chambres du Parlement russe avaient donné leur feu vert samedi pour une intervention militaire en Ukraine, "jusqu'à la normalisation de la situation politique dans ce pays" où de nouvelles autorités pro-occidentales ont été portées au pouvoir après trois mois de manifestations contre le régime du président pro-russe déchu Viktor Ianoukovitch.

Lundi, des commandos armés pro-russes ont pris de fait le contrôle de la Crimée, péninsule ukrainienne à majorité russophone, la plus farouchement opposée aux nouvelles autorités de Kiev.