Obama : "Moscou est du mauvais côté de l'Histoire"

Le président des Etats-Unis Barack Obama a brandi lundi la menace de mesures économiques et diplomatiques visant à "isoler" la Russie après son intervention en Crimée, affirmant que Moscou était "du mauvais côté de l'Histoire" dans la crise ukrainienne.

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Obama : "Moscou est du mauvais côté de l'Histoire"
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Le président des Etats-Unis Barack Obama a brandi lundi la menace de mesures économiques et diplomatiques visant à "isoler" la Russie après son intervention en Crimée, affirmant que Moscou était "du mauvais côté de l'Histoire" dans la crise ukrainienne.

Il existe un consensus pour dire que la Russie a violé le droit international en Ukraine, a assuré M. Obama aux journalistes, au début d'une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.

"Je pense que le monde est largement uni pour reconnaître que les mesures prises par la Russie représentent une violation de la souveraineté ukrainienne (...) et une violation du droit international", a insisté le président.

"Le message que nous faisons passer aux Russes est que s'ils continuent sur leur trajectoire actuelle, nous examinerons un ensemble de mesures économiques et diplomatiques qui isoleront la Russie", a-t-il prévenu. "Elles auront un impact négatif sur l'économie (de la Russie) et son statut à travers le monde", a-t-il poursuivi.

"Ce que je souhaite est que le peuple ukrainien puisse décider lui-même de son destin", a souligné M. Obama. "La Russie a des liens historiques forts avec l'Ukraine. Il y a des liens commerciaux forts entre ces deux pays. Tout cela doit être reconnu, mais ce qui n'est pas acceptable est que la Russie déploie ses soldats sur le terrain en toute impunité et viole des principes fondamentaux reconnus à travers le monde", a-t-il ajouté.

Menaces de sanctions

Quelques heures plus tôt, le département d'Etat avait précisé que Etats-Unis réfléchissaient à "un large éventail de sanctions" à imposer à la Russie pour ses agissements en Ukraine.

"C'est un dossier sur lequel nous sommes vraiment prêts à avancer", a affirmé la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki, évoquant la possibilité de mesures punitives contre des personnes morales et physiques russes.

Tout ultimatum de la Russie à l'Ukraine serait une "escalade dangereuse"

Les Etats-Unis ont prévenu lundi que tout ultimatum lancé par la Russie à l'Ukraine à propos de la Crimée constituerait une "escalade dangereuse" dans cette crise internationale.

Le département d'Etat était interrogé sur une déclaration d'un responsable du ministère ukrainien de la Défense selon laquelle les forces russes avaient adressé un ultimatum aux militaires ukrainiens en Crimée, les enjoignant de se rendre sous peine d'être attaqués.

La porte-parole de la diplomatie américaine Jennifer Psaki a dit ne pas disposer d'"information indépendante" sur le sujet.

"Mais, bien entendu, ces informations aujourd'hui de menaces d'usage de la force contre des infrastructures militaires ukrainiennes, si elles étaient vraies, constitueraient selon nous une escalade dangereuse de la situation", a-t-elle commenté.

Mme Psaki a ajouté que Washington "en tiendrait la Russie directement responsable".

Elle a rappelé qu'"au cours des 72 dernières heures, la communauté internationale a été très unie", contre les agissements de Moscou en Crimée, notamment via "le communiqué fort du G7".

L'Ukraine a accusé lundi la Russie d'augmenter sa présence militaire en Crimée contrôlée de facto par des commandos armés, les Occidentaux multipliant les menaces d'isolement contre Moscou dans cette crise qui a semé un vent de panique sur les marchés financiers.

Dimanche, les sept pays du G7 avaient annoncé la suspension de leurs préparatifs pour le sommet du G8 en Russie, à Sotchi, en juin prochain.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry doit quitter Washington lundi soir et se rendre à Kiev mardi, en signe de soutien au nouveau régime ukrainien face à "l'occupation" de la Crimée par la Russie, selon Washington.

Des entretiens étaient également prévus entre M. Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov, mercredi et jeudi, en marge de réunions internationales à Paris et à Rome. Ces entrevues sont "toujours en train d'être finalisées", a dit Jennifer Psaki, sans confirmer qu'elles auront lieu, ni dire si elles seraient annulées.

Ukraine: nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé une nouvelle réunion lundi, la troisième en quatre jours consacrée à la crise en Ukraine.

Cette réunion publique a été convoquée à la demande de la Russie, ont indiqué des diplomates.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a déclaré à son entrée au Conseil qu'il allait "expliquer en détails la position de la fédération de Russie" dans cette crise.

Son homologue français Gérard Araud a dit espérer que M. Tchourkine "apporte une bonne nouvelle, c'est-à-dire le retrait des forces armées russes dans leurs bases" en Crimée.

Ianoukovitch a demandé l'aide militaire de la Russie 

Le président déchu ukrainien Viktor Ianoukovitch a demandé au président russe Vladimir Poutine l'aide militaire de la Russie "pour défendre la population ukrainienne", a affirmé lundi l'ambassadeur russe à l'ONU.

S'exprimant devant le Conseil de sécurité, Vitali Tchourkine a cité un "message" en ce sens adressé à M. Poutine dans lequel M. Ianoukovitch affirme que "l'Ukraine est au bord de la guerre civile".