La Russie "ne permettra pas un bain de sang" en Ukraine

La Russie "ne permettra pas un sang" en Ukraine, a affirmé mercredi à Madrid le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, sur fond de fortes tensions en Crimée où soldats ukrainiens et forces russes se font face.

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La Russie "ne permettra pas un bain de sang" en Ukraine
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La Russie "ne permettra pas un sang" en Ukraine, a affirmé mercredi à Madrid le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, sur fond de fortes tensions en Crimée où soldats ukrainiens et forces russes se font face.

"Nous ne permettrons pas un bain de sang en Ukraine. Nous ne permettrons aucun attentat contre la vie et la santé de ceux qui vivent en Ukraine, ni contre les Russes qui vivent en Ukraine", a affirmé Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse avec son homologue espagnol, José Manuel Garcia-Margallo.

Le ministre russe a réaffirmé que Moscou n'avait "aucune autorité" sur "les forces d'autodéfense" déployées en Crimée. "Je voudrais que l'on explique ce que sont les forces pro-russes. Si ce sont les forces d'autodéfense créées par les habitants de Crimée, nous n'avons aucune autorité sur elles. Elles ne reçoivent aucun ordre de notre part", a déclaré M. Lavrov, interrogé pour savoir si la Russie allait retirer les "forces pro-russes" de Crimée.

"Quant aux militaires russes de la flotte de la mer Noire, ils se trouvent dans leurs lieux d'affectation", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, avait accusé mardi la Russie de chercher un "prétexte" pour "pouvoir envahir l'Ukraine" et l'a mise en garde contre un risque d'isolement si elle persistait dans sa politique.

M. Lavrov devait quitter mercredi Madrid pour Paris, où il doit rencontrer John Kerry pour la première fois depuis le contrôle russe de facto de la Crimée, une région autonome russophone du sud de l'Ukraine.

Kiev veut "régler cette crise pacifiquement"

L'Ukraine veut régler "pacifiquement" la crise avec la Russie, a affirmé mercredi à Paris le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Dechtchitsa.

"Nous voulons régler cette crise pacifiquement. Nous ne voulons pas combattre les Russes", a déclaré le ministre ukrainien, juste après avoir été reçu par son homologue français Laurent Fabius au Quai d'Orsay. "Nous voulons maintenir un bon dialogue, de bonnes relations avec le peuple russe. Nous apprécions tous les contacts possibles".

"On ne va pas pas déclarer la guerre aux Russes mais ce qu'ils font n'est pas acceptable. C'est l'invasion d'un pays par une autre", avait auparavant déclaré M. Fabius, à la radio RMC et BFM-TV.

Après plus de trois mois de crise politique aboutissant à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, la prise de contrôle de la plus grande partie de la Crimée (sud-est de l'Ukraine) par des forces russes a provoqué des tensions internationales inédites depuis la chute de l'URSS.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères se trouve à Paris en même temps que son homologue russe, Sergueï Lavrov, mais il n'a pas confirmé de rencontre avec celui-ci.

Laurent Fabius pour sa part doit rencontrer M. Lavrov à 14H00 GMT, après s'être entretenu avec son homologue britannique William Hague en fin de matinée.

Ces ministres, ainsi que le secrétaire d'Etat américain John Kerry, sont à Paris pour une réunion du Groupe international de soutien au Liban, mais de nombreuses réunions parallèles sur l'Ukraine sont prévues.

"La position de la France qui est partagée par l'Allemagne et par d'autres, c'est d'une part d'être très ferme vis-à-vis de M. Poutine et de la Russie et d'autre part d'aller vers le dialogue", a déclaré Laurent Fabius à BFM-TV/RMC.

Les forces russes prennent le contrôle partiel d'une base de lancement de missiles en Crimée

Les forces russes ont pris le contrôle partiel d'une base de lancement de missiles à Evpatoria, dans l'ouest de la Crimée, a indiqué mercredi à l'AFP un porte-parole du ministère ukrainien de la Défense dans cette république autonome russophone.

Le poste de commandement et le centre de contrôle de la base restent sous contrôle ukrainien, a précisé la même source. Les lieux, d'où les missiles avaient déjà été évacués, avaient été assaillis mardi en fin d'après-midi par une vingtaine de soldats russes assistés de plusieurs centaines de manifestants pro-russes, avait indiqué mardi une source ukrainienne à l'AFP.

La Commission européenne annonce un plan d'aide à l'Ukraine d'au moins 11 milliards d'euros

La Commission européenne a présenté mercredi un plan d'aide "d'au moins 11 milliards d'euros" en faveur de l'Ukraine, à la veille du sommet européen extraordinaire sur la crise en Ukraine.

"Aujourd'hui, la Commission européenne a identifié un programme d'aide à l'Ukraine. Ceci est notre contribution au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de demain. Au total, le paquet pourrait apporter un soutien d'au moins 11 milliards d'euros sur les deux prochaines années, provenant du budget de l'UE et des institutions financières européennes", a déclaré le président de l'exécutif européen, José Manuel Barroso.

La Russie pourrait confisquer les biens des sociétés occidentales

Les sénateurs russes sont en train de travailler sur un projet de loi permettant de confisquer les biens des entreprises européennes et américaines si des sanctions étaient imposées à la Russie en raison de la confrontation en Ukraine, a indiqué mercredi l'un d'eux.

"Le projet de loi propose de donner de telles prérogatives au président et au gouvernement", a déclaré le chef de la commission sur la législation constitutionnelle au Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement) Andreï Klichas, cité par l'agence publique Ria Novosti.

Il a indiqué que pour l'instant, les juristes "étudiaient attentivement la question" de savoir si la confiscation des actifs et des comptes des entreprises étrangères et des personnes physiques n'allait pas à l'encontre de la Constitution russe.

"Mais en tous cas, nous ne doutons pas que cela correspond aux normes européennes. Il suffit de se souvenir de l'exemple de Chypre, quand la confiscation est devenue une des conditions de l'aide accordée par l'Union européenne au pays", a-t-il remarqué. M. Klichas n'a pas donné plus de détail sur ce projet de loi mais a estimé que "toute sanction devait être réciproque".