Tournée américaine pour Poutine

Le président Poutine poursuit le renforcement des liens de la Russie avec les voisins des Etats-Unis.

Marie-France Cros
Tournée américaine pour Poutine
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Le président Poutine poursuit le renforcement des liens de la Russie avec les voisins des Etats-Unis.

Vladimir Poutine entame ce vendredi une tournée d’une semaine en Amérique latine, qui le mènera à Cuba, en Argentine et au Brésil, dans la droite ligne de sa politique de renforcement des liens de la Russie avec la région.

Ce renforcement suit l’émancipation progressive de l’Amérique latine vis-à-vis des Etats-Unis. Ainsi, au cours des dernières années, l’Organisation des Etats américains (OEA), où Washington faisait la loi, a-t-elle perdu de son influence au profit de nouveaux forums régionaux excluant les Etats-Unis. Ce qui pousse l’OEA elle-même à moins se mettre au garde-à-vous devant les diktats de l’Oncle Sam.

Ce renforcement est parallèle à l’interventionnisme croissant de Washington dans les pays que Moscou considère comme situés dans son orbite - Afghanistan, Pologne, Ukraine…

Antiaméricanisme traditionnel de la région

Il est facilité par l’antiaméricanisme traditionnel de la région, fatiguée par un siècle et demi de domination, même si le pragmatisme dicte à certaines capitales de s’entendre avec le grand voisin. Le sous-continent adhère aisément au discours de Moscou sur le besoin d’un monde multipolaire.

C’est dans cette optique que Moscou est à la recherche de bases militaires et d’accès à des ports; sur ce point, cependant, l’accueil est mitigé, plusieurs pays faisant valoir que leur Constitution leur interdit de recevoir des bases militaires étrangères - disposition prévue, à l’origine, pour les mettre à l’abri des pressions des Etats-Unis. Il en va autrement pour les projets de collaboration russe en matière d’énergie et de transport.

Lors de sa tournée, le président Poutine devrait ainsi signer plusieurs accords à Cuba - après l’effacement, ce 4 juillet, de 90 % de la dette cubaine (26 milliards d’euros) - notamment sur l’énergie. Le même sujet sera à l’ordre du jour à Buenos Aires.

Au Brésil, où il rencontrera des hommes d’affaires pour les convaincre d’investir en Russie, victime d’importantes fuites de capitaux depuis la crise avec Kiev, M. Poutine assistera au sommet des pays émergents Brics, qui veulent desserrer la poigne des institutions financières internationales, où les Etats-Unis et l’Union européenne sont rois.Marie-France Cros