A Gaza, l'espoir de trêve renaît

L'Autorité palestinienne, le Hamas et le Jihad islamique sont "prêts à une trêve humanitaire de 24 heures", a dit M. Abed Rabbo.

A Gaza, l'espoir de trêve renaît
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Belga

L'espoir d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, jusqu'à présent toujours déçu, a semblé renaître mardi, Israéliens et Palestiniens l'évoquant malgré des frappes toujours aussi meurtrières dans la bande de Gaza.

Le gouvernement israélien restait silencieux en soirée, mais selon la principale chaîne du pays, citant une source gouvernementale anonyme, un accord de cessez-le-feu aurait été accepté par toutes les parties.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui n'est pas parvenu à obtenir la fin du conflit lors de sa récente tournée dans la région, a indiqué que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait "soulevé l'idée et la possibilité d'un cessez-le-feu", lors d'une conversation téléphonique mardi soir.

Et à en croire l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) du président Mahmoud Abbas, les principaux mouvements palestiniens, dont le Hamas et Jihad islamique, sont "prêts à une trêve humanitaire de 24 heures".

Selon Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de l'OLP du président Abbas, les trois mouvements, qui vont envoyer une délégation conjointe au Caire, ont adopté une "position commune". Mouvements rivaux, l'OLP et le Hamas islamiste ont scellé leur réconciliation en avril.

Ces derniers jours, plusieurs annonces de trêve dans les combats, faites par le Hamas comme par Israël, n'avaient pas permis de mettre un terme au conflit.

Après une éphémère trêve de fait pour la fête du Fitr marquant la fin du ramadan lundi, un déluge de feu s'est abattu sur le territoire. Selon une estimation fournie mardi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 215.000 habitants ont dû fuir leur foyer dans cette enclave sous blocus, pauvre et surpeuplée, soit près d'un Gazaoui sur huit.

Les bombardements de mardi ont été les plus violents depuis des jours. Aucun secteur n'a été épargné: la ville de Gaza, le camp de Bureij (centre), Jabaliya (nord), la région de Rafah (sud). A Jabaliya, très durement touchée, treize civils ont été tués par des tirs de chars sur des maisons, selon les secours locaux.

L'unique centrale électrique du territoire, qui assure en temps normal 30% de ses besoins en électricité, a été bombardée et a cessé de fonctionner. Mardi en milieu d'après-midi, elle était toujours en flammes, dégageait un épais panache de fumée noire. Selon l'Autorité de l'Energie de Gaza, le territoire devait être quasiment entièrement plongé dans le noir mardi soir.

Dans le camp de réfugiés de Chati, la maison vide du chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a été touchée selon sa famille, de même que la télévision et la radio du Hamas, qui a néanmoins continué d'émettre.

L'armée israélienne a affirmé avoir tué plus de 300 combattants du Hamas et frappé quelque 3.900 "sites terroristes" depuis le début du conflit, qui s'est étendu le 17 juillet à une opération terrestre. Mais l'objectif affiché d'obtenir une "démilitarisation de Gaza" et de détruire l'arsenal de roquettes et les tunnels d'attaque du Hamas est loin d'être atteint.

L'offensive israélienne déclenchée le 8 juillet pour tenter d'anéantir la capacité militaire du Hamas a fait plus de 1.170 morts palestiniens, pour trois-quarts des civils selon l'ONU.

Selon l'Unicef, au moins 239 enfants ont été tués dans cette bande de terre de 40 km sur 10, où la moité des quelque 1,8 million d'habitants a moins de 18 ans. "Des enfants sont tués, blessés, mutilés, brûlés en plus d'être absolument terrifiés", s'est indignée la responsable de l'Unicef à Gaza, Pernille Ironside.

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