Irak: le Conseil de sécurité tiendra une réunion jeudi soir

"La France est très vivement préoccupée par les dernières avancées de l'EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant) dans le nord de l'Irak et par la prise de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d'Irak, et par les exactions intolérables qui sont commises", a affirmé M. Fabius dans une déclaration publiée à Paris. La France est prête à apporter son soutien aux forces combattant les jihadistes.

Irak: le Conseil de sécurité tiendra une réunion jeudi soir
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Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra jeudi soir à New York des consultations en urgence sur la situation en Irak, à la demande de la France, selon des diplomates.

Cette réunion à huis clos commencera à 17H30 locales (21H30 GMT).

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait déclaré auparavant que la France était "vivement préoccupée" par l'avancée des jihadistes de l'Etat islamique dans le nord de l'Irak et par les "exactions" contre les civils, en particulier les minorités religieuses.

Il avait fait référence à la prise de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d'Irak par les jihadistes.

Selon M. Fabius, la France a demandé cette réunion d'urgence "afin que la communauté internationale se mobilise pour contrer la menace terroriste en Irak et pour apporter aide et protection aux populations menacées".

Après la chute de Qaraqosh, attaquée par les jihadistes mercredi soir, le patriarche chaldéen Louis Sako avait affirmé que 100.000 chrétiens avaient été contraints à l'exode et parlé de "désastre humanitaire". Il avait lancé un appel à l'aide à l'ONU, à l'Union européenne et aux organisations humanitaires.

Le pape François a lui aussi lancé jeudi un appel urgent à la communauté internationale pour "protéger" les populations chrétiennes du nord de l'Irak.

A la suite de la prise dimanche de Sinjar (nord de l'Irak) par l'EI, les 15 pays membres du Conseil de sécurité avaient condamné les persécutions contre des minorités en Irak, estimant qu'elles "pouvaient constituer un crime contre l'humanité".

Dans une déclaration unanime adoptée mardi, ils avaient "condamné de la manière la plus ferme les persécutions systématiques de minorités, dont les chrétiens", et appelé "toutes les communautés en Irak à s'unir pour y répondre".

Ils avaient aussi estimé que l'Etat islamique représentait désormais une menace non seulement pour la Syrie et l'Irak, où il s'est solidement implanté, mais aussi "pour la paix, la sécurité et la stabilité régionales".

Paris prêt à apporter un "soutien" aux forces combattant les jihadistes

Le France est prête à "apporter un soutien" aux forces engagées en Irak dans le combat contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI), a indiqué jeudi le président François Hollande dans un entretien téléphonique avec son homologue du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a rapporté l'Elysée. "Le chef de l'Etat a confirmé la disponibilité de la France à apporter un soutien aux forces engagées dans ce combat", a déclaré la présidence française dans un communiqué, sans préciser la nature de ce soutien.

Les dirigeants français et kurde, toujours selon l'Elysée, "ont marqué leur volonté de coopérer pour bloquer l'offensive menée par l'Etat islamique dans le nord-est de l'Irak".

Le président français a marqué "la volonté de la France de poursuivre ses efforts au niveau international pour venir en aide aux autorités du Kurdistan, tant dans leur action contre le groupe terroriste de l'Etat islamique que pour apporter des réponses à la situation des populations civiles déplacées et menacées".

"La persécution par ce groupe terroriste des minorités religieuses, notamment Chrétiens et Yazidis, constitue un crime d'une extrême gravité", a poursuivi la présidence. "Les exactions abominables perpétrées par l'Etat islamique depuis la prise de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne du pays, sont la dernière manifestation en date de sa folie destructrice. Elles ajoutent à la détresse d'une minorité vulnérable qui a un besoin impérieux de l'assistance et de l'engagement de tous".

Le chef de l'Etat français, ajoute l'Elysée, "a indiqué à M. Barzani que la France entendait, dans le cadre de la réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, jeudi soir à New York, mobiliser la communauté internationale contre le terrorisme en Irak et afin qu'aide et protection soient apportées à toutes les populations en danger".

Après la chute de Qaraqosh, attaquée par les jihadistes mercredi soir, le patriarche chaldéen Louis Sako avait affirmé que 100.000 chrétiens avaient été contraints à l'exode et parlé de "désastre humanitaire".