Irak: il ne reste plus qu'"un ou deux jours" pour sauver les Yazidis

Les dizaines de milliers d'Irakiens jetés sur les routes par l'offensive jihadistes, dont de nombreux Yazidis réfugiés dans des montagnes arides sans eau ni nourriture, risquent de mourir si de l'aide ne leur parvient pas très rapidement, a estimé samedi une députée.

Irak: il ne reste plus qu'"un ou deux jours" pour sauver les Yazidis
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AFP

Les dizaines de milliers d'Irakiens jetés sur les routes par l'offensive jihadistes, dont de nombreux Yazidis réfugiés dans des montagnes arides sans eau ni nourriture, risquent de mourir si de l'aide ne leur parvient pas très rapidement, a estimé samedi une députée.

"Il nous reste un ou deux jours pour aider ces personnes. Après, ils vont commencer à mourir en masse", a dit à l'AFP Vian Dakhil, une députée membre de la communauté kurdophone des Yazidis, considérés par les extrémistes sunnites comme des "adorateurs du diable".

"Si nous --les (forces kurdes) peshmergas, l'ONU, le gouvernement, n'importe qui-- ne leur apportons pas un peu d'espoir maintenant, leur moral va s'effondrer, et ils vont mourir", a-t-elle ajouté.

Des milliers de Yazidis ont été jetés sur les routes par la prise dimanche de la ville de Sinjar par les jihadistes de l'Etat islamique (EI). Nombre d'entre eux sont depuis réfugiés dans les montagnes arides des environs, sans eau ni nourriture, et soumis à la double menace de la famine et des jihadistes.

Face à une offensive qui montre "tous les signaux d'un génocide", selon le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, les Etats-Unis se sont pour la première fois directement impliqués en Irak, et y ont bombardé à deux reprise des positions de l'EI.

Des avions cargo américains ont également délivré des vivres dans les montagnes de Sinjar pour tenter d'aider les déplacés.

Obama pour la poursuite des frappes américaines en Irak "si nécessaire"

Le président Barack Obama a souhaité samedi la poursuite des frappes aériennes américaines contre les jihadistes qui menacent le Kurdistan irakien "si nécessaire", pour protéger les diplomates et conseillers militaires américains.

M. Obama a expliqué dans son allocution hebdomadaire avoir autorisé les frappes en Irak pour protéger les personnels américains en poste dans la ville d'Erbil, dans le nord de l'Irak. "Si nécessaire c'est ce que nous continuerons de faire", a-t-il dit.

Le président américain a confirmé également qu'il avait autorisé un "effort humanitaire" pour venir en aide aux milliers de civils qui ont fui la ville de Sinjar à l'approche des jihadistes.

Vendredi soir, le Pentagone avait annoncé que des vivres avaient été délivrés pour la seconde fois aux "milliers de citoyens irakiens" menacés à la fois par la famine et par les jihadistes sur le Mont Sinjar.

Parmi eux de nombreux Yazidis, kurdophones considérés par les extrémistes sunnites comme des "adorateurs du diable".

Deux chasseurs bombardiers ont frappé vendredi vers 13h45 (10h45 GMT) une pièce d'artillerie mobile de l'Etat islamique (EI) qui avait visé des forces kurdes à Erbil. Quelques heures plus tard, d'autres raids ont visé "des terroristes" puis un convoi et un mortier près d'Erbil.

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