Maliki rejette la nomination du Premier ministre irakien et s'en prend à Washington

Le Premier ministre sortant irakien Nouri al-Maliki, qui briguait un 3e mandat, a jugé que la nomination lundi de son successeur constituait une violation de la Constitution, menée avec le soutien des Etats-Unis. Le Pentagone ne compte pas de son côté étendre ses frappes à d'autres régions de l'Irak.

Maliki rejette la nomination du Premier ministre irakien et s'en prend à Washington
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Le Premier ministre sortant irakien Nouri al-Maliki (à gauche sur la photo), qui briguait un 3e mandat, a jugé que la nomination lundi de son successeur constituait une violation de la Constitution, menée avec le soutien des Etats-Unis.

"Nous rejetons cette violation de la Constitution", a affirmé M. Maliki en faisant référence à la nomination de Haïdar al-Abadi (à droite sur la photo), un membre de son parti, comme nouveau chef du gouvernement. Washington "s'est tenu aux côtés de ceux qui ont violé la Constitution", a-t-il ajouté dans un enregistrement diffusé à la télévision.

Les Etats-Unis ont félicité M. Abadi et le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait dit "espérer que M. Maliki ne causera pas de problèmes".

M. Abadi a été choisi par l'Alliance nationale, le bloc parlementaire chiite, comme son candidat au poste de Premier ministre.

Membre du parti Dawa de M. Maliki, Haïdar al-Abadi, né en 1952 et titulaire d'un doctorat de l'université de Manchester au Royaume Uni, est considéré comme un proche du chef du gouvernement sortant.


Le Pentagone ne compte pas étendre ses frappes à d'autres régions de l'Irak

Le Pentagone a assuré lundi qu'il ne comptait pas étendre ses frappes aériennes hors de la région du nord de l'Irak où ses forces aériennes visent les combattants de l'Etat islamique. Depuis que le président Barack Obama les y a autorisés jeudi, les chasseurs et drones américains "ont effectué 15 frappes aériennes" contre les insurgés de l'Etat islamique, a déclaré le général William Mayville, un haut responsable du département américain de la Défense, lors d'une conférence de presse, sans toutefois préciser les dommages occasionnés aux combattants.

"Nous n'avons pas projet d'étendre la campagne actuelle au-delà des opérations de défense actuelles", a-t-il dit.

Il a estimé entre 50 et 60 le nombre de missions effectuées chaque jour par les appareils américains au-dessus du nord de l'Irak, en additionnant les missions humanitaires et les frappes aériennes.

"Les frappes ont contribué à freiner l'avance des forces de l'Etat islamique autour de Sinjar et dans l'ouest d'Erbil", la capitale du Kurdistan irakien, a expliqué le général Mayville, soulignant qu'il s'agissait en premier lieu de défendre le personnel diplomatique américain en poste à Erbil.

Les frappes aériennes sont accompagnées de largages humanitaires destinés aux dizaines de milliers de chrétiens et Yazidis pourchassés par les insurgés sunnites. Le Pentagone et les forces britanniques ont ainsi parachuté environ 60.000 litres d'eau et 75.000 repas aux réfugiés, selon le haut gradé américain.


ONU: le Conseil de sécurité veut couper les vivres des jihadistes en Syrie et en Irak

Le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé lundi la rédaction d'un projet de résolution visant à couper les vivres, en argent et en hommes, des jihadistes en Syrie et en Irak.

Des experts des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont commencé à discuter d'une proposition britannique qui pourrait être adoptée sous forme de résolution cette semaine, selon des diplomates.

Un projet de texte prévoit un renforcement des sanctions à l'encontre des individus, des mouvements et des entités qui soutiennent l'Etat islamique ou le Front al-Nosra en Syrie.

Le Conseil y "exhorte tous les Etats membres à prendre des mesures visant à mettre un terme aux flux de combattants terroristes étrangers" qui vont rejoindre l'EI ou Al-Nosra, et menace de sanctionner ceux qui participent à leur recrutement. Il met en garde aussi contre tout commerce avec les jihadistes, qui contrôlent désormais des champs pétroliers et des infrastructures potentiellement rentables, commerce qui "pourrait être assimilé à un soutien financier" et conduire à des sanctions.


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