Donald Tusk "ne peut imaginer" l'UE sans le Royaume-Uni

Le Premier ministre polonais Donald Tusk, futur président du Conseil européen, a dit samedi ne pas pouvoir imaginer une UE sans Royaume-Uni, et a promis de prendre en considération les préoccupations de ce pays.

Donald Tusk "ne peut imaginer" l'UE sans le Royaume-Uni
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AFP

Le Premier ministre polonais Donald Tusk, futur président du Conseil européen, a dit samedi ne pas pouvoir imaginer une UE sans Royaume-Uni, et a promis de prendre en considération les préoccupations de ce pays.


"L'Union européenne, et moi personnellement, allons prendre en compte les préoccupations exprimées par le Royaume-Uni", a dit M. Tusk au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, juste après l'annonce de sa nomination pour remplacer le Belge Herman Van Rompuy.

"Je suis sûr que l'avenir de l'UE ne passe pas par son rétrécissement, sa contraction, et aucune personne raisonnable ne peut imaginer l'UE sans le Royaume-Uni, moi-même je ne peux l'imaginer", a-t-il affirmé.

"J'en ai parlé avec (le Premier ministre britannique) David Cameron, il a présenté de nombreuses propositions de réformes et je suis sûr que (...) nous pouvons parvenir à un accord, nous pouvons nous efforcer d'éliminer de nombreuses barrières, la liberté de circulation des travailleurs, par exemple", a poursuivi M. Tusk.

M. Cameron avait provoqué un tollé au début de l'année en Pologne, en critiquant les privilèges dont bénéficient, selon lui, les travailleurs immigrés polonais en Grande-Bretagne et plus particulièrement ceux qui reçoivent des allocations familiales pour leurs enfants résidant en Pologne.

Plus récemment, le gouvernement de centre droit de M. Tusk a été appelé à la démission après une affaire d'écoutes illégales. Un magazine avait publié des extraits de conversations privées entre hautes personnalités des milieux politiques et économiques polonais, comprenant des commentaires extrêmement crus sur la politique de M. Cameron.

Peu avant l'intervention de M. Tusk samedi, M. Van Rompuy avait énuméré les "trois défis" que l'Union européenne allait devoir affronter, selon lui, dans les prochaines années : la stagnation de l'économie européenne, la crise russo-ukrainienne et "la place de la Grande-Bretagne dans l'Union".

Sous pression des eurosceptiques dans son pays, David Cameron a promis d'organiser d'ici à 2017, s'il est réélu l'année prochaine, un référendum sur une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.


Tusk président du Conseil européen, Mogherini chef de la diplomatie

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a été désigné à la présidence du Conseil européen, tandis que la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, a été nommée au poste de Haute représentante pour la politique étrangère de l'Union, a annoncé samedi sur Twitter le président sortant du Conseil, Herman Van Rompuy. Les deux lauréats, cités comme favoris depuis plusieurs jours, ont donné immédiatement une conférence de presse conjointe avec M. Van Rompuy. Après l'échec d'un précédent sommet, en juillet, ce dernier a souligné avoir procédé "en plusieurs tours" au cours des dernières semaines "pour être certains que nous prendrions la bonne décision, avec un plein soutien" de tous les Etats.


Vétéran du Conseil européen où il siège comme Premier ministre de la Pologne depuis 2007, M. Tusk est "l'un des rares chef de gouvernement à avoir été réélu", a souligné M. Van Rompuy, mentionnant aussi son engagement précoce dans le mouvement Solidarnosc et son engagement pro-européen. L'intéressé a quant à lui promis de "trouver constamment" des compromis, à l'image de son prédécesseur. M. Van Rompuy "a toujours été l'homme des compromis", a-t-il dit.


Critiqué pour sa connaissance insuffisante de l'anglais et du français, M. Tusk a promis qu'il "polirait son anglais" dans les prochains mois, et qu'il serait "prêt à 100%" le 1er décembre, date à laquelle il prendra ses fonctions.

Mme Mogherini a quant à elle fait l'étalage de sa connaissance des langues en s'exprimant tour à tour en anglais et en français. L'Italienne de 41 ans, dont le manque d'expérience a été souligné, s'est défendue en insistant sur "vingt années d'expérience en politique étrangère". Elle a aussi revendiqué son appartenance à une nouvelle génération de dirigeants politiques. "C'est très bien que cette génération soit représentée dans les institutions européennes", a-t-elle dit.

Mme Mogherini s'est dite consciente des "défis immenses" qui attendent l'Europe en matière de politique étrangère. "Si on traçait un cercle avec un compas autour de l'Europe, on ne verrait que des crises", a-t-elle souligné, promettant d'y consacrer "toute son énergie".

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