Affrontements près d'un barrage contesté en France: un mort selon des opposants

Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les échauffourées et les rassemblements se sont multipliés aux alentours du chantier du barrage-réservoir de 1,5 million de m3 d'eau stockée.

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Affrontements près d'un barrage contesté en France: un mort selon des opposants
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Un jeune homme est décédé dans la nuit de samedi à dimanche sur le site d'un barrage contesté dans le Tarn (sud-est de la France), les opposants affirmant que sa mort est survenue "dans le contexte d'affrontements" avec les gendarmes.

"Selon les premiers éléments que nous avons recueillis, la mort a eu lieu dans le contexte d'affrontements avec les gendarmes vers 02H00 du matin (01H00 GMT)", a déclaré à l'AFP Ben Lefetey, porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants au projet du barrage de Sivens.

"Nous ne disons pas que les forces de l'ordre ont tué un opposant, mais un témoin nous a dit que le décès s'était passé au moment d'affrontements", a-t-il souligné.

Mais dans une conférence de presse dimanche après-midi, le procureur d'Albi, principale ville de la région, Claude Dérens, a affirmé qu'il était "impossible" en l'état actuel de déterminer les causes du décès de l'homme âgé de 21 ans.

Des échauffourées entre forces de l'ordre et "anarchistes" avaient fait sept blessés --tous membres des forces de l'ordre-- en marge d'un rassemblement pacifique de deux milliers d'opposants au barrage contesté de Sivens samedi, selon la gendarmerie.

Selon le lieutenant-colonel Sylvain Renier, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, "100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires" et autres projectiles sur les forces de l'ordre encadrant une mobilisation de "2.000" opposants qui, elle, est restée pacifique, selon lui.

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de flash-balls, a-t-il ajouté.

Parmi les manifestants, des soutiens de poids s'étaient déplacés, tels que le dirigeant du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon et le député européen écologiste José Bové.

Selon une source proche de l'enquête, la victime "faisait partie de ceux qui étaient au milieu des échauffourées".

Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les échauffourées et les rassemblements se sont multipliés aux alentours du chantier du barrage-réservoir de 1,5 million de m3 d'eau stockée.

Le projet de retenue d'eau est soutenu par le conseil général du Tarn, qui le juge indispensable pour irriguer les terres agricoles alentour. Les opposants dénoncent un projet coûteux destiné, selon eux, à un petit nombre d'exploitants pratiquant une agriculture intensive.