Un prêtre explique comment il a sauvé des milliers de manuscrits des mains de Daech

Le groupe Etat islamique a une nouvelle fois choqué le monde entier ce jeudi en publiant une vidéo montrant les jihadistes en train de détruire des œuvres d'art, certaines vieilles de plusieurs siècles, à coups de marteau. Heureusement, le travail d'un prêtre il y a quelques mois a permis de sauver des milliers de manuscrits des mains de Daech. Récit.

J.F.
Un prêtre explique comment il a sauvé des milliers de manuscrits des mains de Daech
©Printscreen JT de France 2

Le groupe Etat islamique a une nouvelle fois choqué le monde entier ce jeudi en publiant une vidéo montrant les jihadistes en train de détruire des œuvres d'art, certaines vieilles de plusieurs siècles, à coups de marteau, au musée de Mossoul (au nord de l'Irak). Statues, frises et autres oeuvres d'art pré-islamiques, rien n'a été épargné. Heureusement, le travail d'un prêtre il y a quelques mois a permis de sauver des milliers de manuscrits des mains de Daech. Récit.

Tout a commencé l'été dernier. Voyant que les troupes de l'Etat islamique commençaient à se rapprocher dangereusement de Mossoul, le Père Mikhail Najeeb décide d'agir. Pour avoir déjà vu ces hommes vêtus de noir s'attaquer à des bibliothèques, il sait que toutes les oeuvres de son couvent sont en danger. Avec d'autres prêtres, l'homme décide de rassembler les oeuvres les plus précieuses que renferment les bibliothèques et monastères de la ville et de les mettre à l'abri. "Chacun prenait les choses les plus importants à ses yeux. Moi, j'ai voulu sauver les manuscrits. Il fallait se sauver, certes, mais également sauver notre mémoire", explique-t-il à nos confrères de l'Express. Une nuit, il range donc des centaines de manuscrits dans des caisses et les transporte à l'aide d'un camion et de plusieurs voitures. "Sur le chemin, on a croisé des adultes et des enfants qui courraient, on les a pris avec nous, ils se sont assis sur les manuscrits et nous avons pris la direction d'Ankawa, le quartier chrétien d'Erbil".

"Aujourd'hui, la menace principale contre les manuscrits, ce sont les islamistes"

L'initiative du prêtre dominicain a permis de sauver entre 3.000 et 3.500 ouvrages scientifiques, théologiques ou historiques, dont certains datent du XIIIème siècle, note l'Express. Les manuscrits sont aujourd'hui sains et saufs, et cachés dans Erbil. Prudent, le prêtre n'a dévoilé l'endroit de sa cachette qu'à quelques personnes de confiance. "Avant, nous devions protéger les manuscrits des méfaits du temps et de l'humidité. Aujourd'hui, la menace principale, ce sont les islamistes", poursuit-il. "Un peuple sans culture, c'est un peuple mort. Ce qu'essaie de faire Daech, c'est de ramener le monde au VIIème siècle". 

Les ouvrages qu'il n'a pas pu sauver ont, selon lui, vraisemblablement été brûlés. "Il y a un mois, les forces de Daech sont entrées dans cinq des plus grandes bibliothèques de la ville. Ils ont sorti des livres et les ont brûlés devant tout le monde", regrette le religieux.

S'il n'a pas pu sauver autant de choses qu'il aurait voulu, son courage a quand même réussi à préserver des milliers d’œuvres inestimables.

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