"Rebelle de Raqqa" : l'incroyable histoire d'une femme qui a osé défier l'Etat islamique

Rezane, c'est cette Syrienne qui avait fait la Une de l'actualité il y a quelques mois pour avoir tourné une vidéo en caméra cachée au coeur de Raqqa, la "capitale" du groupe Etat islamique. Aujourd'hui, la jeune femme de 26 ans, menacée par les jihadistes, a été contrainte de quitter son pays pour s'installer à Paris. Récit.

J.F.
"Rebelle de Raqqa" : l'incroyable histoire d'une femme qui a osé défier l'Etat islamique
©Printscreen France 24

Rezane, c'est cette Syrienne qui avait fait la Une de l'actualité il y a quelques mois pour avoir tourné une vidéo en caméra cachée au coeur de Raqqa, la "capitale" du groupe Etat islamique. Aujourd'hui, la jeune femme de 26 ans, menacée par les jihadistes, a été contrainte de quitter son pays pour s'installer à Paris. Récit.

Nos confrères de France 24 ont retrouvé cette femme courageuse qui a pris tous les risques pour dénoncer les conditions de vie sous le régime du califat autoproclamé (comme le fait quotidiennement le collectif Raqqa is Being Slaughtered Silently présent sur Twitter). Dans sa vidéo, l'on pouvait voir des hommes armés à tous les coins de rues, ainsi qu'une femme qui allait conduire son enfant au parc, armée d'une kalachnikov. "Après ce petit film, j'ai été identifiée par des membres de l'EI, sans doute à cause de mon langage corporel. J'utilise beaucoup mes mains quand je parle", explique-t-elle. Au moment du tournage déjà, elle s'était fait interpeller par des hommes armés, installés dans une camionnette, lui reprochant de "mal avoir mis son niqab". Elle s'était alors lourdement excusée et avait pu quitter les lieux. Mais, étant donné que ce reportage a abondamment circulé sur le net, les membres de Daech ont tout fait pour l'identifier.

Une fois qu'ils ont su qui elle était, ils l'ont menacée, ainsi que sa famille. Ils lui envoyaient régulièrement des photos de cadavres décapités. Avant que le pire ne se produise, elle décide donc de fuir en France. "Pour obtenir l'asile en France, j'ai dû rendre mon passeport syrien. C'était ma dernière pièce d'identité. Maintenant je suis sans rien, sans maison, sans chez moi, sans papier". Même si elle se balade régulièrement dans la capitale française, elle ne cesse de penser à son pays et tente de dénoncer ce qu'il s'y passe dès qu'elle le peut. Heureusement, Mohamed, un autre jeune qui a quitté Raqqa, la soutient. Ensemble, ils trouvent le courage d'oublier ce qu'ils ont vécu à cause de Daech. "Je me suis fait électrocuter, puis j'ai perdu connaissance. Quand j'ai essayé de me relever..." Mohamed, aux bords des larmes, est obligé de s'interrompre. "Le plus dur, c'est de voir un proche se faire torturer, tu ne sais pas s'il va supporter la douleur", souligne le jeune homme. "Ils nous ont violés, ils ont violé notre mémoire, ils m'ont privée de tout", résume Rezane.

Lors de son départ, Rezane regrette de ne pas avoir eu le temps de prendre une photo de son père. "Je croyais que j'allais revenir", soupire-t-elle. Son principal objectif est aujourd'hui de retrouver sa famille. Depuis qu'elle est en France, elle n'a d'ailleurs jamais complètement défait sa valise. "Je suis prête à rentrer n'importe quand".

Le documentaire "Rebelle de Raqqa" sera diffusé samedi 21 mars à 20h15 sur France 24.