La marine marchande en a assez de sauver les migrants en Méditerrannée

Depuis 2014, près de 3.500 réfugiés ont perdu la vie à bord de rafiots ou de canots partis des côtes de l'Afrique du Nord, dont la Libye, avant d'échouer, au mieux, sur une plage d'Italie ou de Malte. L'association des armateurs européens et l'International Chamber of Shipping lancent un appel aux dirigeants européens et diffusent une vidéo pour sensibiliser.

Ch.Ly.
La marine marchande en a assez de sauver les migrants en Méditerrannée
©AFP

L'association des armateurs européens (ECSA) et l'International Chamber of Shipping (ICS), qui représente 80% de la marine marchande mondiale, lancent un appel aux dirigeants européens pour qu'ils prennent en charge le sauvetage des milliers de réfugiés et migrants qui tentent d'accoster en Europe via la Méditerrannée. “Il est inacceptable que la communauté internationale se repose sur les navires marchands et les gens de la mer pour prendre en charge de plus en plus d'opérations de sauvetage”, affirment-ils dans une lettre aux dirigeants de l'Union européenne, rendue publique ce mercredi 8 avril.

Depuis 2014, près de 3.500 réfugiés ont perdu la vie à bord de rafiots ou de canots partis des côtes de l'Afrique du Nord, dont la Libye, avant d'échouer, au mieux, sur une plage d'Italie ou de Malte.

Assurer “des voies alternatives” à ces migrants et intensifier les opérations de “Search and Rescue” en les financant proprement devraient être les priorités des Européens. Les deux organisations - auxquelles se sont jointes la European Transport Workers Federation (ETF) et sa corollaire internationale - demandent que ce point soit inscrit d'urgence aux prochains conseils des ministres européens.

Ces organisations reconnaissent leur obligation légale de secourir les réfugiés perdus en mer, mais affirment que la situation devient “intenable”. Les navires marchands ont secouru 40 000 personnes en mer l'an dernier. Les signataires de la lettre mettent en ligne une vidéo (à découvrir ci-dessous) montrant le sauvetage de plus de 500 réfugiés par le navire CS Caprice en octobre dernier.

Frontex, l’agence européenne chargée de la surveillance des frontières, a lancé le 1er novembre 2014 une "Opération Triton" pour venir en appui de la marine italienne qui fait le maximum pour sauver les réfugiés. Mais cette opération ne dispose que de 7 navires (4 patrouilleurs de haute mer, 1 navire de patrouille côtière, 2 patrouilleurs côtiers) ainsi que 4 avions et un hélicoptère. Huit pays de l'UE seulement y participent. De plus, la fonction principale de “Triton” est la surveillance des côtes libyennes.

Certains pays, comme le Royaume-Uni, sont opposés aux opérations systématiques de "search and rescue" parce qu'ils craignent qu'ils deviennent un pôle d'attraction pour les réfugiés.