Le père Mourad envoie un SOS, puis se fait enlever en Syrie

Jacques Mourad est une figure de la communauté chrétienne de Syrie. Il fait partie de la communauté Al Khalil, dont le siège est le monastère de Mar Moussa dirigé par le père Paolo, enlevé depuis près de deux ans dans les environs de Raqqa.

Ch.Ly.
Le père Mourad envoie un SOS, puis se fait enlever en Syrie
©afp

Des hommes armés ont enlevé jeudi après-midi en Syrie le père Jacques Mourad, dans son monastère de Mar Elias à Qaryatayn, une ville à majorité sunnite se trouvant entre Homs, sous contrôle gouvernemental, et Palmyre, qui vient de tomber dans les mains de l’État islamique (EI, ou Daech en arabe). Un de ses collaborateurs a également été enlevé.

Jacques Mourad est une figure de la communauté chrétienne de Syrie. Il fait partie de la communauté Al Khalil, dont le siège est le monastère de Mar Moussa dirigé par le père Paolo, enlevé depuis près de deux ans dans les environs de Raqqa. Cette communauté avait pris fait et cause pour la “révolution syrienne”, plaide pour l’aide à la population, chrétienne ou musulmane, mais se trouve aujourd’hui en première ligne face à Daech.

Le matin même, Jacques Mourad avait envoyé un courriel désespéré aux “Amis de Mar Moussa” évoquant l’arrivée prochaine de Daech dans la ville “après leur domination de Palmyre où ils ont tué beaucoup de gens en coupant les têtes”. Il ajoutait, selon le texte diffusé vendredi par l’association : “C’est terrible ce que nous vivons… aujourd’hui nous sommes là, demain on ne sait pas… la vie devient compliquée. Priez pour nous SVP, Jacques”.

Le père Mourad, un prêtre syriaque, était venu il y a une dizaine d’années à Qaryatayn pour faire revivre le monastère dans cette ville dont la population est gonflée par les réfugiés. Mais la progression de Daech ne laisse plus beaucoup de choix aux habitants sinon que d’aller vers Homs ou Damas. Selon un prêtre interrogé hier par le journal suisse “Le Temps” , chaque avancée de Daech est précédée par l’activation de cellules dormantes dans la population locale qui éliminent les personnalités locales qui pourraient s’opposer à l’État islamique.