Konstantopoulou, une femme rebelle à la tête du Parlement grec

Elle s’est entre autres illustrée en refusant de voter le plan d’aide à la Grèce obtenu par le Premier ministre, Alexis Tsipras, lundi à Bruxelles. La jeune femme ne s’est pas fait que des amis au sein du Parlement grec.

Parliament speaker Zoe Konstantopoulou arrives with documents at the lawmakers meeting of Syriza governing party at the Greek Parliament in Athens, Wednesday, July 15, 2015. Greece's Prime Minister Alexis Tsipras faced a rising wave of hostility from members of his own party Wednesday ahead of a parliament vote on an austerity bill that condemns the country to years of spending cuts but is required to get a new bailout package. (AP Photo/Petros Karadjias)
Parliament speaker Zoe Konstantopoulou arrives with documents at the lawmakers meeting of Syriza governing party at the Greek Parliament in Athens, Wednesday, July 15, 2015. Greece's Prime Minister Alexis Tsipras faced a rising wave of hostility from members of his own party Wednesday ahead of a parliament vote on an austerity bill that condemns the country to years of spending cuts but is required to get a new bailout package. (AP Photo/Petros Karadjias) ©AP
C.V. (Stagiaire)

Du haut de son mètre 80, Zoé Konstantopoulou domine l’assemblée parlementaire grecque. A 38 ans, elle est la plus jeune présidente de la Vouli et la seconde femme dans l’histoire du pays à exercer cette fonction. 

Elue députée pour le parti d’extrême gauche Syriza en juin 2012, cette avocate de formation n’a pas sa langue en poche. Rebelle et indépendante, elle s’est encore illustrée cette semaine en refusant de voter le plan d’aide à la Grèce obtenu par le Premier ministre, Alexis Tsipras, lundi à Bruxelles. 

Pour autant, la jeune femme a annoncé qu’elle n’avait pas l’intention de quitter le parti et encore moins de démissionner de sa fonction. "Je ne vais nulle part, je reste ou je suis", a-t-elle déclaré. Bataillant contre les injustices et défendant la démocratie, pour la présidente du parlement, il n’est pas question d’aller à l’encontre de la volonté du peuple en votant des mesures ultra-libérales rejetées par référendum une semaine auparavant. 

Ce n’est pas la première fois que cette frondeuse nage à contre-courant. Le 10 juillet dernier, lorsque l’assemblée devait prendre la décision d’accorder un mandat au gouvernement pour aller négocier à Bruxelles, la jeune femme s’est non seulement abstenue de voter mais a également refusé de présider la séance parlementaire. Son cheval de bataille : la lutte contre la corruption et les fraudes fiscales. 

Dès son arrivée en 2012, elle écrivit "le livre noir de la honte". Une compilation des affaires politico-financières jugées scandaleuses par Syriza. Parallèlement, elle se lance dans un combat acharné contre les exilés fiscaux grecs en Suisse avec la "liste Lagarde", une liste qui reprend les noms des intéressés. En avril, elle lance un audit pour connaître la vérité sur la dette grecque. Incorruptible, moralisatrice et véritable bourreau de travail, la jeune femme ne s’est pas fait que des amis au sein du Parlement grec.

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