Burundi: Le principal opposant siège à l'Assemblée nationale

"Tant que les négociations n'ont pas encore abouti, autant jouer le jeu et je crois que tout sera fixé par l'aboutissement du dialogue entre les parties", a dit, confiant, Agathon Rwasa, réfutant se livrer à un "double langage".

Burundi: Le principal opposant siège à l'Assemblée nationale
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Belga

Le principal opposant burundais, Agathon Rwasa, a participé lundi à la première session de l'Assemblée nationale fraîchement élue, disant vouloir "jouer le jeu" pour aider à sortir son pays de la crise, après avoir refusé de reconnaître les résultats des élections. 

En dépit d'une crise politique sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1993-2006), déclenchée par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, le pouvoir burundais a organisé des législatives et communales le 29 juin et une présidentielle le 21 juillet.

Les trois scrutins, décriés par l'opposition et la quasi-totalité de la communauté internationale, ont été remportés haut la main par le camp présidentiel. Pierre Nkurunziza a été réélu avec plus de 69% des voix vendredi.

L'ensemble de l'opposition, dont Agathon Rwasa, avait annoncé boycotter les scrutins, mais la Commission électorale avait maintenu leurs candidatures.

"On doit se rendre à l'évidence, le forcing de Nkurunziza a bien réussi", a déclaré M. Rwasa lundi en expliquant sa présence sur les bancs de l'Assemblée. "Maintenant, faut-il abandonner à leur sort tous ces gens qui ont voté pour nous, quand bien même les résultats publiés ne sont pas si réalistes que ça? "

L'annonce fin avril de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat a déclenché un mouvement de contestation populaire violemment réprimé par la police et un coup d'Etat avorté mi-mai. Au total, plus de 80 personnes sont mortes dans les violences depuis le début de la crise, qui a poussé quelque 170.000 personnes, selon l'ONU, à fuir dans les pays voisins.

Après l'échec de deux médiations onusiennes, la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC, qui regroupe Rwanda, Ouganda, Burundi, Kenya et Rwanda) a demandé au gouvernement ougandais de tenter de rapprocher les deux camps par le dialogue.

"Tant que les négociations n'ont pas encore abouti, autant jouer le jeu et je crois que tout sera fixé par l'aboutissement du dialogue entre les parties", a ajouté, confiant, M. Rwasa, réfutant se livrer à un "double langage".

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