MH370: aucun nouveau débris provenant d'un avion placé sous scellés

Une source judiciaire a "démenti tout placement sous scellés d'objet ou de débris susceptibles de provenir d'un avion, dans le cadre de la procédure judiciaire en cours" sur la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines.

MH370: aucun nouveau débris provenant d'un avion placé sous scellés
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Aucun objet ou nouveau débris susceptible de provenir d'un avion n'a été placé sous scellés dimanche sur l'île française de la Réunion, a déclaré à l'AFP une source judiciaire, démentant une précédente information.

Cette source a "démenti tout placement sous scellés d'objet ou de débris susceptibles de provenir d'un avion, dans le cadre de la procédure judiciaire en cours" sur la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines.

Une source proche de l'enquête avait auparavant affirmé que des "débris métalliques" retrouvés sur le littoral de l'île de la Réunion avaient été placés sous scellés, précisant que rien n'indiquait qu'il s'agisse de pièces provenant d'un avion.

Quatre jours après la découverte d'un fragment d'aile provenant d'un Boeing 777, qui pourrait provenir de l'avion de la Malaysia Airlines disparu le 8 mars 2014, des promeneurs ont remis dimanche aux forces de l'ordre des débris métalliques trouvés sur le rivage.

Un promeneur a ainsi retrouvé un morceau de métal, sorte de poignée recouverte de cuir sur laquelle sont inscrits deux idéogrammes, et a alerté les policiers qui ont remis la pièce à la gendarmerie des transports aériens chargée de l'enquête, a constaté un photographe de l'AFP.

Les enquêteurs n'ont fait aucune déclaration sur la provenance et la nature exacte de l'objet. "Il y a une sorte d'esprit +chasse au trésor+ qui est en train de s'installer et on nous appelle pour tout et parfois n'importe quoi", a-t-on toutefois fait valoir de source proche de l'enquête.



L'expertise du débris, un travail qui s'annonce ardu

L'expertise du débris d'avion retrouvé dans l'océan Indien doit établir s'il s'agit bien d'un reste du MH370 disparu en mars 2014 mais en percera difficilement le mystère, estime l'ancien directeur des essais de la Direction générale de l'armement(DGA), Pierre Bascary.

Le morceau d'aile, découvert sur l'île française de la Réunion, va être examiné dans un laboratoire de la DGA spécialisé en aéronautique civile et militaire. D'autres débris métalliques ont été retrouvés depuis au même endroit mais rien n'indique à ce stade qu'ils proviennent d'un avion.

Comment savoir si ce morceau d'aile provient bien du Boeing 777 de la Malaysia Airlines disparu sans laisser de traces ?

Le premier travail est d'identifier de quel type d'avion la pièce provient, et de quelle partie de l'avion. En demandant les plans aux constructeurs, les matériaux utilisés et les procédés de fabrication, les experts pourront répondre assez vite à cette question.

De même, chaque pièce a un numéro (comme dans un puzzle). Mais si la pièce est grande et qu'on n'en a récupéré qu'une partie, il n'y a peut-être plus de numéro sur l'élément récupéré.

Les experts vont ensuite examiner les dimensions de la pièce, les matériaux, la peinture, les inscriptions. Ils vont aussi vérifier que la pièce est conforme à ce qui était prévu.

Si on voit de la peinture rouge, on saura que c'est une compagnie qui peint ses avions en rouge. De même, la compagnie aérienne peut avoir ajouté des inscriptions pour la maintenance du type "Ne pas marcher". Selon la formule utilisée et la façon d'écrire, cela donne aussi une idée de l'origine de l'avion.

Tous ces indices devraient permettre de déterminer de quel avion cette pièce provient.

L'expertise de quelques débris peut-elle permettre de comprendre ce qui s'est passé ?

Il faudrait que la pièce ou les pièces retrouvées soient au centre de l'accident, et c'est loin d'être certain (a fortiori pour des petit morceaux). Il peut y avoir un incendie de cabine, un problème sur les commandes de vol, qui causent le crash de l'avion mais ne créent pas de dommage direct sur toutes les surfaces portantes de voilure.

Dans l'accident récent de la Germanwings, l'expertise isolée d'un fragment de voilure n'aurait pas permis de comprendre ce qui s'est passé si l'on n'avait pas en même temps récupéré et exploité les boîtes noires.

Il faudrait pouvoir expertiser d'autres pièces et corréler ces données avec les paramètres du vol pour mieux comprendre l'accident.

Comment les experts vont-ils travailler ?

La pièce sera expertisée avec les moyens modernes physiques et chimiques et notamment avec un microscope à balayage électronique qui peut grossir jusqu'à 100.000 fois, afin de comprendre les ruptures locales de la pièce. Toutes ces ruptures vont être étudiées afin de savoir si elles sont de type statique, dues à des sollicitations exceptionnelles, ou de type dynamique, dues à la répétition d'un très grand nombre de sollicitations moins fortes.

Le travail d'expert, c'est un travail méthodique, on s'interdit d'avoir une idée préconçue. Avant de commencer, il faut faire table rase de toutes les hypothèses.

A la fin on fournit au responsable de l'enquête (ici le parquet de Paris) le maximum d'éléments factuels. On dit que la pièce s'est cassée à tel endroit, de telle façon. Point.

Le responsable de l'enquête, qui dispose de l'ensemble des informations sur le vol, des autres expertises, met toutes ces données ensemble et voit s'il a suffisamment d'éléments pour en tirer des conclusions.

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