Enigme du vol MH370: Nouveau témoignage et poursuite de l'enquête

Dans un entretien accordé au Telegraph, Nicolas Ferrier déclare avoir découvert "un siège bleu et deux valises" voici environ trois mois.

Belga

Cinq jours après la découverte d'un fragment d'aile de Boeing 777 sur l'île française de La Réunion, voilà un témoignage pour le moins troublant.

Nicolas Ferrier, chargé du nettoyage des plages sur l'île, s'est confié au Telegraph. Dans cet entretien, il déclare avoir découvert "un siège bleu et deux valises" voici environ trois mois. Malheureusement, pensant qu'il s'agissait de restes de bus ou de deltaplane, il a décidé - comme l'exige son travail - de "brûler" le tout.

Seule sa femme était au courant de cette histoire mais les récentes découvertes ont fait prendre conscience au couple qu'il s'agissait peut-être en fait d'autres débris du vol MH370, disparu l'an dernier avec 239 personnes à bord.


Où en est l'enquête sur le fameux débris?

Arrivé en métropole samedi, le volet bordant l'aile d'un avion, appelé flaperon, sera expertisé à partir de mercredi après-midi dans un laboratoire militaire de la banlieue de Toulouse, dans le sud-ouest de la France.

Les résultats pourraient déterminer s'il s'agit d'un morceau du Boeing 777 du vol Malaysia Airlines 370 disparu mystérieusement le 8 mars 2014 avec 239 personnes (dont 153 Chinois) à bord. La trace de ce vol Kuala Lumpur-Pékin avait été perdue au-dessus de l'océan Indien après qu'il eut bifurqué de son plan de vol pour une raison non élucidée.

La France, compétente sur ce dossier en raison de la présence de quatre de ses ressortissants à bord de l'avion disparu, avait ouvert une enquête en mai 2014 notamment pour "homicide involontaire par manquement délibéré à une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement".

En attendant le début des analyses techniques, une délégation malaisienne dirigée par le directeur général de l'aviation civile Azharuddin Abdul Rahman et composée de représentants de Malaysia Airlines et de la justice malaisienne devait rencontrer à huis clos un des trois juges français chargés de l'affaire. Les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie des transports aériens (SRGTA) et des représentants du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) étaient également conviés.

Il s'agit de faire le point sur les découvertes du flaperon et de morceaux d'une valise, expertisée séparément dans un laboratoire en région parisienne.

La découverte du flaperon à La Réunion, une île française de l'Océan Indien, a provoqué un certain emballement autour d'une des plus grandes énigmes de l'histoire de l'aviation civile. Et les familles de disparus, déjà exaspérées par plus de seize mois de fausses alertes, ont replongé dans un sentiment confus entre optimisme et méfiance.

Sur place, l'adjointe au maire de Saint-André, la commune dont dépend la plage où a été retrouvé le débris, met d'ailleurs en garde contre les "fausses espérances": "Nous sommes en train de rouvrir une plaie qui n'est peut-être pas fermée et ne le sera probablement jamais" estime Marie-Lise-Chane-To. "Les familles ont besoin de connaître la vérité sur ce qui s'est passé pour démarrer le deuil, mais un dans un tel contexte, il importe de ne pas donner de fausses espérances. Attendons donc les résultats de l'enquête".

Seule certitude pour l'instant: le fragment d'aile est bien celui d'un Boeing 777. "Ça a été vérifié par les autorités françaises avec le constructeur Boeing, le NTSB américain (l'agence de sécurité des transports, ndlr) et l'équipe malaisienne", a confirmé le ministère malaisien des Transports.

La piste du MH370 est donc plus que jamais relancée, d'autant qu'aucun autre accident aérien n'a impliqué ce type d'appareil dans cette région du monde.

L'avionneur américain Boeing va d'ailleurs dépêcher une équipe "technique" pour participer à l'expertise à Toulouse en compagnie de représentants français, malaisiens, chinois et américains.

"La pièce sera expertisée avec les moyens modernes physiques et chimiques et notamment avec un microscope à balayage électronique qui peut grossir jusqu'à 100.000 fois, afin de comprendre les ruptures locales de la pièce", comment elle a été abîmée, explique à l'AFP Pierre Bascary, ancien directeur des essais à la Direction Générale de l'Armement (DGA).

Mais au-delà de l'identification du vol, les analyses ont peu de chances de dessiner le scénario de la catastrophe, estiment des experts.

"Il ne faut pas attendre des miracles de cette analyse", insiste l'ancien directeur du BEA Jean-Paul Troadec. Le BEA, organisme public rattaché au ministère français des Transports, est depuis les recherches en mer le "représentant accrédité" dans l'enquête pilotée par la Malaisie et l'Australie sur le MH370, exerçant un rôle de conseiller technique et de coordination de l'information entre les autorités malaisiennes, australiennes et françaises.