Migrants : l'UE ne refoulera "jamais ceux qui ont besoin de protection"

"Nous ne refoulerons jamais ceux qui ont besoin de protection", a déclaré le premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, lors d'une visite dans le nord de la France, où il a annoncé l'octroi d'une aide financière de 5 millions d'euros supplémentaires aux autorités confrontée à l'arrivée croissante de migrants désireux de gagner la Grande-Bretagne.

AFP
Migrants : l'UE ne refoulera "jamais ceux qui ont besoin de protection"
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L'Union européenne ne refoulera "jamais" les migrants en quête de protection, a assuré lundi le premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, en appelant les Etats membres à être "fidèles" à leurs "valeurs d'humanité" face à une "crise mondiale". "Nous ne refoulerons jamais ceux qui ont besoin de protection", a déclaré M. Timmermans, lors d'une visite dans le nord de la France, où il a annoncé l'octroi d'une aide financière de 5 millions d'euros supplémentaires aux autorités confrontée à l'arrivée croissante de migrants désireux de gagner la Grande-Bretagne.

"La situation à Calais nécessite avant tout une action commune et déterminée", a souligné le Premier vice-président de la Commission européenne. "Cette situation est un symptôme, parmi d'autres en Europe, d'une crise de plus grande ampleur. Il s'agit d'une crise à dimension européenne qui exige une réponse européenne."

M. Timmermans était accompagné, pour cette visite à Calais, du commissaire aux Affaires intérieures et à la Migration Dimitris Avramopoulos.


Merkel : "La crise migratoire est un défi pour les idéaux de l'UE"

La chancelière allemande Angela Merkel a souligné lundi que l'Union européenne devait "avancer" sur sa réponse à apporter à la crise migratoire sans quoi elle risquait de "casser" son lien fondamental avec les "droits civils universels".

"Les droits civils universels ont été jusqu'à présent étroitement liés à l'Europe et à son histoire, en tant que principe fondateur de l'Union européenne", a-t-elle estimé lors d'une conférence de presse à Berlin.

"Si l'Europe échoue sur la crise des réfugiés, ce lien avec les droits civils universels sera cassé, il sera détruit et ce ne sera pas l'Europe que nous nous représentons, ne sera plus l'Europe dont nous devons toujours aujourd'hui développer le mythe fondateur", a encore dit Mme Merkel.

Elle a appelé une nouvelle fois à la mise en place de quotas d'accueil par pays européen pour les migrants qui arrivent en Europe, une idée rejetée par de nombreux Etats. L'Allemagne s'attend à devoir recevoir 800.000 demandes d'asile cette année, quatre fois plus qu'en 2014.

"Si on n'arrive pas à une répartition équitable (des réfugiés en Europe) alors la question de (l'avenir de la zone de libre-circulation) Schengen se posera. Nous ne voulons pas ça", a-t-elle dit

"Je sais que certains pays ont certaines positions", a-t-elle relevée, appelant les Etats de l'UE à adopter "une direction aussi commune que possible". Mais "si l'on commence à dire je ne veux pas de musulmans (...), ça ne peut pas être bon", a-t-elle dit relevant que l'Europe s'est construite sur le principe de la "dignité de chaque être humain".

Elle a notamment estimé que "l'Italie devait être déchargée", Rome ne pouvant accueillir tous les migrants arrivant via la mer Méditerranée.

Mme Merkel a par ailleurs jugé que l'Allemagne était assez "forte" pour surmonter le défi que représente l'arrivée de centaines de milliers de migrants. "Notre économie est solide, notre marché du travail est robuste et même prêt à absorber (de la main-d'œuvre)", a déclaré la chancelière.

Elle a annoncé la présentation d'ici le 24 septembre d'un train de mesures complètes pour adapter la législation allemande à la situation, pour accélérer notamment le traitement des demandes d'asile, l'aide et le logement aux réfugiés.

"L'exactitude allemande c'est super, mais là nous avons besoin de la flexibilité allemande", a-t-elle déclaré. "On y arrivera", a encore martelé la chef du gouvernement.

Enfin, Mme Merkel a une nouvelle fois promis aucune "tolérance" vis-à-vis de l'extrême droite, alors que les actes racistes se sont multipliés ces dernières semaines, tout en exprimant sa "fierté et sa gratitude" pour les "innombrables" personnes aidant les migrants en Allemagne.