Des milliers de réfugiés débarquent au Pirée

Des milliers de migrants, surtout des réfugiés syriens, ont été acheminés mercredi par les autorités grecques au Pirée, prêts à poursuivre leur odyssée vers le nord de l'Union européenne, où cet exode sème confusion et divisions.

AFP
Des milliers de réfugiés débarquent au Pirée
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Des milliers de migrants, surtout des réfugiés syriens, ont été acheminés mercredi par les autorités grecques au Pirée, prêts à poursuivre leur odyssée vers le nord de l'Union européenne, où cet exode sème confusion et divisions.

La tension restait ainsi vive en Hongrie, devenue une plaque tournante pour ces exilés, dont 50.000 ont afflué dans le pays pour le seul mois d'août. Une centaine de migrants ont manifesté mercredi devant la principale gare de Budapest, alors que la police empêchait quelque 2.000 d'entre eux de monter dans des trains pour l'Autriche et l'Allemagne, a rapporté un journaliste de l'AFP

Mardi, 2.284 personnes, dont 353 enfants, sont encore entrés en Hongrie selon les autorités, bravant la clôture de barbelés érigée le long de la frontière avec la Serbie.

La fuite vers l'Europe a aussi fait de nouveaux morts, alors que l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déja comptabilisé 2.643 personnes noyées en tant de franchir la Méditerranée depuis le début de l'année. Les corps sans vie de neuf Syriens ont été repêchés par des garde-côtes turcs arès le naufrage de deux embarcations tentant de rallier l'île grecque de Kos, en mer Egée, et huit de leurs compagnons ont été portés disparus.

Les arrivants débarqués pour leur part à bon port au Pirée --quelque 1.800 mardi soir et quelque 2.500 mercredi à l'aube-- ont été acheminés dans une gare à proximité, a indiqué la police portuaire grecque.

Les autorités ont organisé ce transfert à bord de deux bateaux spécialement affrétés pour soulager Lesbos. Avec Kos, l'île est devenue l'un des principaux points d'accès à l'Europe pour réfugiés et migrants de par sa proximité avec la Turquie par où transitent exodes et flux migratoires.

Depuis le début de l'année, la Grèce a comptabilisé le chiffre record de 160.000 arrivées, sur un total de plus de 350.000 personnes ayant tenté le passage de la Méditerranée.

Livrés à eux mêmes par des autorités grecques qui s'affirment débordées, les nouveaux arrivants doivent, comme ceux qui les ont précédés, continuer leur périple vers le nord de l'Europe.

Berlin a nourri cet appel d'air en renonçant à renvoyer les Syriens vers leur point d'entrée dans l'UE et s'est engagé du même coup à traiter leurs demandes d'asile, accentuant encore la pression sur une Union européenne confrontée en ordre dispersé à sa plus grave crise migratoire depuis la Deuxième guerre mondiale.

Selon la police allemande, 3.500 demandeurs d'asile ayant au préalable transité par la Hongrie sont passés d'Autriche en Bavière entre lundi matin et mardi après-midi, un record pour cette région.

L'afflux de populations fuyant la guerre, les persécutions et la pauvreté au Moyen-Orient et en Afrique constitue "le plus grand défi pour l'Europe pour les années à venir", a estimé mardi le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy à Berlin.

La mise en place d'une réponse européenne coordonnée doit être au centre jeudi d'entretiens à Athènes entre les autorités grecques et le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, attendu en compagnie du commissaire européen en charge des migrations, Dimitris Avramopoulos.

Athènes réclame plus de solidarité, mais est sommée de mieux canaliser et tracer les nouveaux arrivants par ses partenaires.

Mais les 28 restent divisés avant une nouvelle réunion d'urgence prévue le 14 septembre, la Hongrie étant notamment montée du doigt pour le traitement qu'elle réserve aux demandeurs d'asile.

"Nous devons maintenant travailler à réussir la mise en place d'une politique d'asile commune (...) et non pas nous accuser les uns les autres", a plaidé mardi la chancelière Angela Merkel.

L'Allemagne, qui s'attend à devoir enregistrer 800.000 demandes d'asile en 2015, un record européen, milite pour la mise en place de quotas d'accueil par pays, une idée rejetée par de nombreux Etats.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a estimé que la France "n'a pas failli" dans la gestion de l'arrivée massive de migrants, mais que "le temps nous est compté" pour faire face à ce défi au niveau européen.

La liaison ferroviaire entre la France et l'Angleterre a par ailleurs été interrompue pendant des heures dans la nuit de mardi à mercredi après l'intrusion de migrants sur les voies de l'Eurostar, près de l'entrée française du tunnel sous la Manche, bloquant des centaines de passagers.

"La priorité de l'Europe reste d'empêcher les migrants de perdre la vie en tentant de rejoindre l'Europe", a de son côté déclaré mardi le président du Conseil européen Donald Tusk, en visite à Zagreb, sans se prononcer sur l'organisation concrète de l'accueil.

Pour l'ex-président eurosceptique tchèque Vaclav Klaus, l'Europe commet un "suicide" en accueillant les migrants.