Migrants retrouvés noyés: le petit Aylan n'était pas seul sur cette plage

Le cliché du petit migrant de 3 ans retrouvé mort sur une plage turque et diffusé par les médias mercredi a scandalisé de nombreux internautes. Ce jeudi, on en sait davantage sur le drame. Aylan n'était pas seul, son frère et sa mère ont également été retrouvés. Mais qui étaient-ils?

Rédaction en ligne
Migrants retrouvés noyés: le petit Aylan n'était pas seul sur cette plage
©montage

Le cliché du petit migrant de 3 ans retrouvé mort sur une plage turque et diffusé par de nombreux médias mercredi (Lalibre.be a décidé de partager cette photo devenue le symbole du désastre humanitaire qui sévit actuellement en Europe) a scandalisé de nombreux internautes. Ce jeudi, on en sait davantage sur le drame. Aylan n'était pas seul, son frère et sa mère ont également été retrouvés.

La famille avait fui Kobané, ville du nord de la Syrie dévastée par la guerre et les attaques de l'Etat islamique. Montés à bord d'une embarcation de fortune à Akyarlar (côte turque), Aylan (3 ans), son grand frère Galip (5 ans) et leur maman Rihan (35 ans) devaient parcourir 20 kilomètres en mer pour arriver à l'île grecque de Kos. Mais dans la nuit de mardi à mercredi, les vagues en ont décidé autrement.

Migrants retrouvés noyés: le petit Aylan n'était pas seul sur cette plage
©Google Maps


Comme d'autres réfugiés (dont 12 au total ont trouvé la mort, parmi lesquels 5 enfants), ils avaient payé environ 1.000 euros à des passeurs pour effectuer la traversée. Ce sont des proches de Rihan, Galip et Aylan, effondrés, qui ont reconnu les corps à la morgue de l'hôpital de Bodrum. À noter que la famille avait en janvier dernier tenté de demander l'asile au Canada, mais cette demande avait été rejetée. Une tante était pourtant prête à les accueillir sur le territoire canadien. Ne pouvant y accéder légalement, la famille allait essayer d'y arriver par d'autres moyens.



Une photo largement partagée

Depuis mercredi, la photo de Aylan suscite émotion et indignation dans le monde entier. Hormis la presse française (à l'exception du "Monde" dans son édition datée du vendredi 4 septembre), de nombreux journaux en ont fait leur Une ce jeudi.






Pourquoi LaLibre.be publie également cette photo

Au terme d'un débat interne, LaLibre.be avait décidé également de publier cette photo. "Malgré des hésitations légitimes, nous pensons que montrer ce cliché insoutenable pourrait faire évoluer les consciences au sujet de la condition des migrants. Montrer des victimes décédées est contraire à nos habitudes, mais il faut pouvoir admettre que des exceptions s'imposent. Ce cliché nous fait penser à nos enfants, neveux ou voisins, mais il ne reflète en réalité que ce que trop de gens préfèrent ignorer ou sous-estimer, le drame humain qui explique l'afflux de réfugiés prêts à tout pour s'enfuir. Quoi qu'on en pense, l'actuelle crise des migrants est bel et bien le principal défi de l'Union européenne en ce moment. Un défi qu'il faut pouvoir voir en face, les yeux ouverts, même si cela provoque tristesse ou gêne. Ces sentiments ne sont rien à côté de la détresse des réfugiés", explique Dorian de Meeûs, rédacteur en chef de LaLibre.be.