Réfugiés, Grèce, Brexit: Juncker a prononcé son 1er discours sur l'état de l'UE

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prononcé mercredi son premier discours sur l'état de l'Union devant le Parlement européen, passant en revue tous les grands défis de l'UE, au premier rang duquel l'afflux sans précédent depuis 1945 de réfugiés en Europe.

Réfugiés, Grèce, Brexit: Juncker a prononcé son 1er discours sur l'état de l'UE
©REPORTERS
AFP

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prononcé mercredi son premier discours sur l'état de l'Union devant le Parlement européen, passant en revue tous les grands défis de l'UE, au premier rang duquel l'afflux sans précédent depuis 1945 de réfugiés en Europe.

Voici les principaux points de son discours à Strasbourg:

L'accueil des réfugiés

M. Juncker a exhorté les Etats membres à se répartir d'urgence l'accueil de 160.000 réfugiés, déjà sur le sol européen. "Ceci doit être fait de façon obligatoire", a-t-il précisé, pour ne pas laisser "l'Italie, la Grèce et la Hongrie se débrouiller seules". Après ces mesures d'urgence, "un mécanisme de relocalisation permanent" devra être adopté.

Dans des circonstances exceptionnelles (comme une catastrophe naturelle), les Etats pourront temporairement ne pas participer au mécanisme de solidarité. Ils devront alors se justifier auprès de la Commission et s'acquitter en contrepartie d'une compensation, pouvant atteindre 0,002% du PIB du pays.

Depuis le début de l'année, près de 500.000 personnes ont gagné l'Europe", mais "ils ne représentent jamais que 0,11% de la population totale de l'UE", a souligné M. Juncker.

Il a proposé une liste commune de l'UE "des pays d'origine sûrs", soit six pays des Balkans, dont le Kosovo, et la Turquie, où la population est de manière générale à l'abri des conflits et des persécutions, donc moins éligible au statut de réfugié. Il s'est dit "très fortement favorable" à autoriser les demandeurs d'asile à "travailler et gagner de l'argent pendant que leur demande est à l'étude". La Commission doit présenter début 2016 "un paquet de mesures bien calibrées sur la migration légale".

Le dossier grec

"Les négociations sur le dossier grec ont mis notre patience à l'épreuve", a admis M. Juncker, "nous nous sommes collectivement approchés du gouffre". "Nous ne sommes qu'au tout début d'un nouveau et long chemin", a-t-il averti, ajoutant attendre des dirigeants politiques grecs "qu'ils tiennent parole et respectent l'accord, quel que soit le gouvernement à la tête du pays" à l'issue des prochaines législatives.

"Le Parlement européen est et doit rester le Parlement de la zone euro", a réaffirmé M. Juncker, jugeant que "le président de l'Eurogroupe devrait être le porte-parole naturel de la zone euro dans les institutions financières internationales telles que le FMI". "Il nous faudra, à terme, mettre en place un Trésor de la zone euro, qui soit responsable au niveau européen", a-t-il préconisé.

M. Juncker a plaidé pour "un système davantage commun de garantie des dépôts" qui certifiera aux citoyens que leur épargne bancaire sera toujours protégée, jusqu'à concurrence de 100.000 euros par personne et par compte". La Commission doit présenter "avant la fin de l'année une proposition législative" en ce sens.

Le Brexit

Les Britanniques "ont raison lorsqu'ils reprochent à l'UE d'être trop bureaucratique", a avoué M. Juncker, "mais mon programme de travail consiste justement à alléger cette réglementation", a-t-il ajouté, tout en estimant que cela ne signifiait pas "qu'il ne faut pas de règle". M. Juncker s'est dit "convaincu que nous aurons un accord équitable avec le Royaume-Uni", rappelant que son souhait était que ce pays, où doit être organisé un référendum sur la question d'ici à la fin 2017, reste membre de l'UE.

"Nous devons être unis quand il s'agit de la sécurité de nos Etats membres à l'Est", a prôné M. Juncker. "La sécurité et les frontières des Etats membres de l'UE sont inviolables et je veux que Moscou le comprenne clairement", a-t-il lancé après avoir évoqué la situation en Ukraine. 

Dans son discours, M. Juncker a proposé la mise en place d'un fonds d'affectation spéciale d'urgence, doté initialement de 1,8 milliard d'euros, pour "résoudre les crises qui frappent les régions du Sahel et du lac Tchad, la Corne de l'Afrique et l'Afrique du Nord". "Nous voulons aider à ramener durablement la stabilité, par exemple en créant des possibilités d'emploi dans les communautés locales, et ainsi résoudre les causes profondes de l'instabilité, des déplacements forcés et de la migration clandestine", a détaillé M. Juncker, précisant compter "sur la contribution de tous les États membres".

Le président de la Commission a également appelé à "lancer une offensive diplomatique européenne en réponse aux crises syrienne et libyenne", où la guerre et le chaos nourrissent les flux d'immigrés et de réfugiés arrivant en Europe. Dans le futur, "nous aurons des réfugiés climatiques", a prévenu M. Juncker, appelant à "agir maintenant", et à "être très ambitieux" dans la perspective de la conférence de Paris (COP21) pour lutter contre le réchauffement climatique.

Sur le même sujet