Migrants : la police hongroise lance des gaz lacrymogènes à la frontière serbe

Des journalistes de l'AFP ont vu des migrants lancer des projectiles sur les forces de l'ordre hongroises, et celles-ci riposter en tirant des gaz lacrymogènes et en faisant usage de canons à eau.

Migrants : la police hongroise lance des gaz lacrymogènes à la frontière serbe
©Twitter / Mircea Barbu
C.REYNS avec AFP

Les forces de l'ordre hongroises ont fait usage de gaz lacrymogènes mercredi après-midi lors d'échauffourées au cours desquelles un groupe de migrants massés du côté serbe ont forcé un portail fermant la frontière, à Röszke, avant d'être refoulés, a annoncé la police hongroise.

"La foule rassemblée côté serbe de la frontière est devenue agressive et a lancé des pierres, des bouteilles et des bâtons sur les policiers côté hongrois, puis ont franchi le portail fermant la frontière", au poste dit Röszke II, avant d'être repoussés, a indiqué la police dans un communiqué.

Des journalistes de l'AFP ont vu des migrants lancer des projectiles sur les forces de l'ordre hongroises, et celles-ci riposter en tirant des gaz lacrymogènes et en faisant usage de canons à eau.

"Le portail est actuellement remplacé par plusieurs rangées de policiers. La police protège les frontières de la Hongrie et de l'UE en respectant les lois et le principe de la proportionnalité", a souligné la police.

Environ 500 migrants se trouvaient sur les lieux en milieu d'après-midi, dont quelque 300 participant aux échauffourées en criant "freedom, freedom" (liberté, liberté) et en lançant des projectiles, a constaté l'AFP.

Certains manifestants détruisaient les trottoirs bordant la route d'accès à la frontière, à la recherche de pierres. Des migrants avaient en outre allumé de grands feux de vêtements et de bois dégageant une importante fumée.

Deux hélicoptères hongrois, l'un de l'armée, l'autre de la police, survolaient les lieux.


Des véhicules militaires armés hongrois à la frontière serbe

Trois véhicules militaires armés sont arrivés mercredi à la frontière avec la Serbie où des heurts se sont produits entre des migrants et les forces de l'ordre hongroises, selon un photographe.

Les véhicules de type Humvee stationnaient à environ 100-200 mètres de la frontière, près du point de passage de Röszke où des migrants ont réussi à déborder les forces de l'ordre et pénétrer sur le territoire hongrois.


La Hongrie envisage aussi la construction d'un mur le long de sa frontière avec la Croatie

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a évoqué la probable construction d'un nouveau mur à la frontière entre la Hongrie et la Croatie, dans un entretien au journal français le Figaro à paraître jeudi matin, où il réaffirme sa farouche opposition aux quotas obligatoires de réfugiés en Europe. "L'un des principaux problèmes est le business des passeurs. (...) La route n'est pas choisie par les migrants, mais par les passeurs eux-mêmes. Comme ils ne pourront plus traverser la Hongrie, ils vont changer de chemin, et passer par la Roumanie, probablement", a déclaré M. Orban.

"C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de construire une clôture à la frontière roumaine également, le long de la rivière Mures. Et nous allons sans doute en construire une autre le long de la frontière croate. On suit leur piste...", a-t-il expliqué.

"Le fait est que les migrants continuent d'affluer! On a réussi à les stopper à la frontière hongroise, mais on n'a pas arrêté le flux lui-même...", a constaté M. Orban, affirmant qu'ils "pourraient être une centaine de millions, venant du Moyen-Orient et d'Afrique! ".

Interrogé sur le sort des centaines de réfugiés actuellement bloqués en Serbie, le long des frontières hongroises, le Premier ministre a répondu: "notre tâche est d'abord de respecter nos obligations européennes et hongroises. Puis de prendre part à l'effort international pour régler la question. Il faut aider ces migrants à avoir une chance de rentrer chez eux un jour ou l'autre! Le but n'est pas que tous les Syriens quittent la Syrie, mais de rendre ce pays vivable".

A ce jour, selon M. Orban, "seule une vingtaine" de migrants arrêtés pour avoir franchi illégalement la frontière "ont fait l'objet d'une procédure judiciaire". "Beaucoup étaient entrés auparavant et s'étaient perdus. D'autres étaient des familles avec enfants, qui sont traitées différemment. Mais tout est planifié: nous avons des milliers de places dans nos prisons", a-t-il mis en garde.

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