Attentats de Paris : des témoins racontent l'horreur

S'il faudra attendre longtemps avant de faire toute la lumière sur les terribles événements qui se sont déroulés vendredi soir à Paris, les témoignages de personnes présentes sur place apportent déjà quelques éléments de réponse. Récits.

rédaction en ligne

S'il faudra attendre longtemps avant de faire toute la lumière sur les terribles événements qui se sont déroulés vendredi soir à Paris, les témoignages de personnes présentes sur place apportent déjà quelques éléments de réponse.


Le Bataclan

Au Bataclan, une salle de spectacle parisienne, quatre assaillants ont déboulé dans la salle en criant "Allah Akbar". Ils ont pris de nombreuses personnes en otage tandis que les autres visiteurs ont tenté tant bien que mal de prendre la fuite.

"C'était l'enfer"

"On entendait hurler, tout le monde essayait de fuir, les gens se piétinaient... C'était l'enfer", ont relaté des témoins. Louis, présent dans la salle avec sa mère, a déclaré à France Info: "On s'est tous couché par terre mais ils ont continué à tirer. J'étais avec ma mère, on s'est couché. Heureusement on a pu sortir". Stéphanie a dû ramper pour se sauver. Elle a attendu dans une loge avec des dizaines de personnes. "On entendait tout, on sentait les vibrations". "J'étais allongé dans la fosse, la fille à côté de moi est morte, ils ont beaucoup tiré", raconte un jeune homme au Monde .

Julien Pearce, reporter pour Europe 1, a expliqué avoir profité du moment au cours duquel les terroristes ont dû recharger leurs armes pour prendre la fuite. "On a couru sur scène, ils nous regardaient, en train de recharger leurs armes". ( tous les détails ici ).

"C'était une boucherie"

Malheureusement, tout le monde n'a pas eu la chance de pouvoir s'enfuir. "C'était sale dedans, une boucherie, des gens avec des balles dans la tête, des gens qui se sont fait tirer dessus alors qu'ils étaient à terre", explique un policier ayant participé au raid. Si les terroristes voyaient des personnes blessées, ils "finissaient le travail".

Stéphanie poursuit "Il y avait des corps partout, c'était vraiment impressionnant". "J'avais un morceau de chair sur moi", raconte un jeune homme.

La police arrive, l'attente commence

Sur Reddit , un témoin explique qu'il s'est senti soulagé lorsque la police est arrivée. "Là tout change, mais le temps devient encore plus long car elle n'intervient pas tout de suite. Puis ils sont entrés. Voir les policiers a été un soulagement indescriptible". (tous les détails ici)

Le lendemain, beaucoup de riverains habitant ce quartier se sont bien évidemment montrés choqués. Peggy a les yeux rougis. "Je ne comprends pas", dit cette riveraine, "très choquée", en route pour son travail. "C'est un endroit où les jeunes viennent faire la fête". "C'est mon quartier depuis 30 ans", lâche Mathilde, 56 ans, elle aussi sous le choc. "Ici, tout le monde se connaît, prend le café ensemble, d'une rue à l'autre". C'est à vélo qu'elle est venue se recueillir près de la salle de spectacle. "On est tous profondément touchés", explique cette mère de trois enfants, dont deux filles habitent rue Saint-Maur et rue Bichat, où une fusillade a fait douze tués.


Stade de France

Trois kamikazes se sont fait exploser pendant que 80.000 personnes assistaient au match France-Allemagne. "A la première mi-temps, on a entendu deux explosions", témoigne un Allemand. "Tout le monde a pensé que c'était pyrotechnique ou quelque chose comme ça (...) et à ce moment-là, j'avais déjà un peu peur. Les gens avaient peur parce que c'était à Paris."

Finalement, le supporter décide de sortir avant la fin du match. "Quand je suis sorti, c'était le chaos absolu. Dans le stade, il n'y avait pas de panique mais à l'extérieur, c'était fou avec les policiers et personne ne savait ce qu'il se passait".

L'acteur Dany Boon , présent à ce moment-là, a posté un message sur Facebook. "J'étais au stade de France hier quand on a appris après le match que les explosions étaient terroristes et qu'il y avait des attaques dans Paris. Il y a eu un mouvement de panique dans la foule et j'ai vu la peur dans le regard de mes fils de 8 et 10 ans. Et je me suis dit "mon Dieu, quel monde allons nous laisser à nos enfants?" Je prie pour les proches et toutes les victimes de cette immonde et lâche barbarie qui nous bouleverse tous".


Restaurant "Le Petit Cambodge"

"C'était surréaliste, tout le monde était à terre, personne ne bougeait", a expliqué une jeune femme. "Une fille était portée par un jeune homme dans ses bras. Elle avait l'air morte."

Salomé Legrand, journaliste à Europe 1, se trouvait pas loin. "On buvait après le travail, comme tous les vendredis. On est arrivé à 19 heures et une ou deux voitures sont arrivées devant le bar. Ils ont déclenché le feu (...) on s'est tous mis à terre. Un homme à côté de moi, qui s'appelle Raphaël, a reçu une balle dans le cœur." Carla, elle, est en larmes : "Heureusement j'étais derrière un poteau. Mes amis ont été blessés, il y a des morts", explique-t-elle, extrêmement émue.


Rue de Charonne

Une fusillade a éclaté devant un café. Depuis chez lui, un témoin du nom de Bernard raconte : "J'ai vu deux tireurs avec une kalachnikov. Ils avaient un petit bonnet mais ils n'étaient pas couverts. Il a arrosé des gens qui partaient se mettre derrière les voitures. C'était impressionnant, je suis toujours choqué".




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