François Hollande veut une réforme de la Constitution française, le Congrès chante La Marseillaise (VIDEO)
François Hollande s'est exprimé lundi devant le Congrès à Versailles, trois jours après les attentats sanglants. Il a d'ailleurs été ovationné avant que députés, sénateurs et membres du gouvernement n'entonnent La Marseillaise. Derniers éléments de l'enquête, politique intérieure et mesures de sécurité, coordination européenne et conflit en Syrie... Voici les points importants de son allocution.
Publié le 16-11-2015 à 16h47 - Mis à jour le 16-11-2015 à 17h22
François Hollande s'est exprimé lundi devant le Congrès à Versailles, trois jours après les attentats sanglants. Voici les points importants de son allocution.
- MEPRISABLES TUEURS
"Notre République n'est pas à la portée de méprisables tueurs", a déclaré M. Hollande, pour qui "notre démocratie a triomphé d'adversaires bien plus redoutables, en vérité, que ces lâches assassins".
Pour le président, la France n'est pas engagée dans une "guerre de civilisation". Il faudra "du temps" et de la "patience" mais "l'ennemi n'est pas hors d'atteinte", a-t-il dit.
- CHANGEMENT DE LA CONSTITUTION
Le président a en outre exprimé son souhait de "faire évoluer (la) Constitution pour permettre aux pouvoirs publics d'agir, conformément à l'état de droit, contre le terrorisme de guerre".
Selon le président, l'article 16, qui régit les conditions d'attribution des pouvoirs exceptionnels au président, et l'article 36, qui porte sur l'état de siège, ne sont "pas adaptés à la situation que nous rencontrons". La Constitution doit, selon lui, offrir un "outil approprié pour fonder la prise de mesures exceptionnelles pour une certaine durée sans recourir à l'état d'urgence et sans compromettre l'exercice des libertés publiques".
- ETAT D'URGENCE
Le Parlement sera saisi "dès mercredi" d'un projet de loi "prolongeant l'état d'urgence pour trois mois", en "adaptant son contenu à l'évolution des technologies et des menaces".
- ATTENTATS
"Les actes de guerre de vendredi ont été décidés, planifiés en Syrie, ils ont été organisés en Belgique, perpétrés sur notre sol avec des complicités françaises", a estimé le président pour qui "ils poursuivent un objectif bien précis: semer la peur pour nous diviser ici et faire pression pour nous empêcher là-bas, au Moyen-Orient, de lutter contre le terrorisme".
- SYRIE
Le président syrien, Bachar al-Assad, "ne peut constituer l'issue mais notre ennemi en Syrie, c'est Daech". M. Hollande veut "éviter" que l'organisation Etat islamique (EI) "n'utilise les combattants étrangers pour exécuter dans leurs pays les plans ourdis depuis la Syrie et l'Irak".
La France va "intensifier ses opérations en Syrie" et poursuivre "ces frappes au cours des semaines à venir".
- REUNION DU CONSEIL DE SECURITE
M. Hollande a demandé une réunion du conseil de sécurité de l'ONU "dans les meilleurs délais pour adopter une résolution marquant cette volonté commune de lutter contre le terrorisme", assurant que "la nécessité de détruire Daech constitue un sujet qui concerne toute la communauté internationale".
- RENCONTRE AVEC OBAMA ET POUTINE
"Je rencontrerai dans les prochains jours le président Obama et le président Poutine pour unir nos forces et atteindre un résultat qui, pour l'instant, est encore renvoyé à trop longtemps", a-t-il déclaré. "La France parle à tous, à l'Iran, à la Turquie, aux pays du Golfe", a souligné le chef de l'Etat.
- CONTROLES AUX FRONTIERES DE L'UE
M. Hollande a demandé la "mise en place de contrôles coordonnés et systématiques aux frontières" de l'Union européenne, ainsi que "l'approbation avant la fin de l'année" du fichier européen des passagers aériens (PNR) pour "assurer la traçabilité du retour des jihadistes et les interpeller".
- REFUGIES
"Il est vital que l'Europe accueille dans la dignité ceux qui relèvent du droit d'asile mais renvoie dans leurs pays ceux qui n'en relèvent pas", a déclaré le chef de l'Etat. Pour lui, les habitants de Syrie ou d'Irak, "notamment ceux des territoires contrôlés par Daech, sont martyrisés et fuient".