Attentats de Paris: Salah Abdeslam est vu partout

La traque du "huitième" terroriste continue en Belgique, en France et en Allemagne.

J.-C.M.
Attentats de Paris: Salah Abdeslam est vu partout
©AFP

La traque de Salah Abdeslam, considéré comme le "huitième" terroriste à l’oeuvre lors des attentats de Paris, s’est poursuivie, mardi, un peu partout en Europe.

En Belgique, où sa présence possible n’a pas été étrangère à la décision d’annuler le match amical de football entre les Diables Rouges et l’Espagne, prévu, mardi soir, au stade roi Baudouin, on continue à chercher tous azimuts des éléments susceptibles de le localiser, mais aussi en France et en Allemagne. La crainte est que le terroriste présumé n’ayant pas "terminé son travail" à Paris, veuille mourir en martyr. Par ailleurs, une opération liée à un possible trafic d’armes (apparemment sans rapport avec les attentats de Paris) a été menée en début de soirée à Molenbeek. Une personne a été arrêtée.

Quelqu’un qui lui ressemble

En France, où, en fin d’après-midi, deux opérations d’envergure étaient lancées à Boulogne-sur-Mer ainsi que le long de l’autoroute A2 et dans le Nord-Pas-de-Calais. Un hélicoptère survolait le secteur et ses principaux axes routiers. Une personne aurait appelé les gendarmes pour leur signaler avoir aperçu une voiture suspecte avec à son bord un homme ressemblant à Salah Abdeslam.

La police a aussi évoqué un véhicule suspect qui avait forcé un barrage, sur la E19, côté français, puis avait quitté l’autoroute à hauteur de Crespin, à la frontière franco-belge. L’opération s’est terminée vers 16h30. Le véhicule n’a pas été retrouvé.

"Le déploiement policier a été massif sur la zone frontalière", a indiqué la zone de police de Dour-Haut-Pays, confirmant une information de la RTBF, laquelle affirme que deux des frères Abdeslam géraient jusqu’il y a peu une société dont le siège social est situé à Quiévrain.

Par ailleurs, selon AP, la justice française est désormais à la recherche d’un second fugitif directement lié aux attentats.

En Allemagne, trois suspects (un homme de 29 ans et deux femmes de 29 et 32 ans) qui pourraient avoir des liens avec les actes terroristes de Paris ont été interpellés, par des unités spéciales de la police à Alsdorf, près d’Aix-la-Chapelle.

Ces trois personnes, porteuses de passeports étrangers, ont été interpellées après s’être rendues dans un centre local d’emploi. Une vendeuse d’un magasin de vêtements voisin aurait cru reconnaître parmi elles Salah Abdeslam. Un peu plus tard, quatre autres suspects étaient alpagués dans la localité. Le parquet régional n’a pas voulu commenter ces opérations policières. Les sept personnes ont été libérées dans la soirée en l’absence d’éléments à charge, a indiqué la police.

Mardi toujours, alors que les contrôles de police se poursuivaient à la frontière franco-belge à Hensies, créant d’importants ralentissements, on apprenait que Salah Abdeslam avait été fortuitement contrôlé le 9 septembre en Autriche. Il n’était pas signalé recherché à l’époque.

Rends-toi, lui dit son frère

Son frère, Mohamed Abdeslam, interpellé samedi par la police mais relâché lundi, a, sur BFM, invité Salah à se rendre. "Nous sommes une famille, nous pensons à lui. Nous avons peur pour lui. Nous nous posons des questions. S’alimente-t-il ? Le plus simple ce serait qu’il se rende afin que la justice puisse faire toute la lumière sur cette histoire. Je vous le rappelle, Salah n’a toujours pas été entendu par les services de police et il est donc toujours présumé innocent", a-t-il déclaré.

Une Clio, une voix et un passeport

L’enquête avance également sur d’autres fronts. C’est ainsi que, les forces de l’ordre ont procédé, dans la nuit lundi à mardi, à 128 perquisitions et ce dans le cadre de l’état d’urgence.

Un peu plus tard, une Clio noire qui aurait pu servir à la préparation des attentats a été retrouvée dans le 18e arrondissement de Paris. La voiture avait été louée par… Salah Abdeslam.

On a également appris mardi que le texte de revendication des attentats au nom du groupe Etat islamique (EI), a été lu, dans un enregistrement diffusé sur Internet, par un djihadiste français, Fabien Clain, 35 ans, originaire de Toulouse et proche de Mohamed Merah, tueur de trois militaires, d’un professeur et de trois jeunes élèves d’une école juive en mars 2012. Il se trouve aujourd’hui en Syrie.

On apprenait aussi que l’identité figurant sur un passeport syrien retrouvé près d’un des kamikazes pourrait correspondre à celle d’un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois. Le document a été présenté par un migrant enregistré sur l’île grecque de Leros, le 3 octobre. A propos de ce passeport, l’Allemagne a mis en garde contre de possibles "fausses pistes" laissées par l’Etat islamique "pour politiser la question des réfugiés en Europe".

Pendant ce temps, la psychose s’installe en Belgique. Deux exemples, parmi d’autres : l’Institut Arts et Métiers à Bruxelles a été évacué, lundi soir, à la suite d’un coup de fil faisant état d’un homme armé à proximité de l’établissement. C’était une fausse alerte. Mardi, à Gand, un mouvement de panique s’est produit après qu’une voiture immatriculée en France se fut aventurée dans le coeur piétonnier du centre-ville.