Les voisins choqués par l'assaut au nord de Paris: "J'ai cru que j'allais mourir"

Au coeur de la nuit, les voisins de l'appartement assiégé ont été réveillé en sursaut. Témoginages.

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La voisine du dessous de l'appartement assiégé a livré un témoignage poignant à RMC Info.

Une vaste opération de police a lieu rue Corbillon, en Seine-Saint-Denis. Depuis plusieurs heures, les forces de l'ordre sont à l'assaut d'un appartement où sont retranchés des terroristes présumés. Coups de feu, explosions, l'opération a semé le trouble dans ce quartier situé au nord de Paris. Les chaînes d'infos sont sur place pour recueillir les témoignages des riverains, forcément choqués par ce qu'ils sont en train de vivre.


Plusieurs d'entre eux ont dégainé leur smartphone pour immortaliser ces événements tragiques. Une voisine, Sabrine, a expliqué à nos confrères de RMC Info l'angoisse qu'elle a vécue très tôt ce matin. "Je me suis réveillée avec une explosion", explique-t-elle. "Ensuite, ce n'était que des coups de feu, de la lumière, ça tirait de partout. Les terroristes (NdlR: les assiégés sont toujours présumés innocents) tiraient et les policiers répliquaient. Il y avait des fusillades, des explosions, on ne savait pas où donner de la tête. Mon fils et moi étions en panique."

Sabrine vit en effet avec son petit garçon, âgé de quelques mois. "Mon premier réflexe cela a été de le prendre et de me coucher par terre avec lui pour essayer de le protéger. C'est la seule chose que je pouvais faire. J'étais vraiment en panique, je n'arrêtais pas de crier : 'S'il vous plaît ! Si vous êtes de la police, aidez-moi ! J'ai un bébé'. Mais ça tirait, ça tirait tout le temps ! La poussière tombait du plafond On avait déjà un problème au plafond, et les fusillades et les explosions l'ont encore plus troué. J'ai des problèmes de cœur, et j'ai cru que j'allais mourir. Il y avait un vieux monsieur sur le palier, et lui aussi a été évacué par la police". En effet, Sabrine est saine et sauve, tout comme son enfant, après avoir été évacuée par la police.


Une riveraine témoigne : "Le plafond s'est effondré, il y avait des balles partout" - iTélé


BFMTV a également pu recueillir des témoignages sur place. Eux aussi démontrent l'horreur vécue par les habitants au beau milieu de la nuit. "J'ai entendu beaucoup de bruit vers 4h30", explique Carole. "Je ne savais pas ce que c'était. J'ai ouvert la fenêtre et j'ai entendu de nombreuses rafales. Et là, depuis 5h15, cela semble s'être arrêté." Serge donne sa version: "Cela a commencé par cinq explosions et après cela a été des tirs nourris", dit-il. "Cela a été un mélange de tirs et d'explosions, lointaines ou proches. Il y a eu une bonne quinzaine, voire une vingtaine d'explosions. Pour moi, ce sont des tirs de fusils automatiques, parce que cela n'arrêtait pas. Cela faisait tac, tac, tac ! Des tirs en rafale, des tirs pendant vingt minutes." Isabelle évoque elle aussi les tirs d'armes lourdes entendus au coeur de la nuit. "J'entends des tirs de kalachnikov. J'ai appelé la police il était 4h24, ça s'est arrête il devait être 4h45 et pendant ce laps de temps, cela n'a pas arrêté. Il y a eu plus de 400 coups… Pendant dix, quinze minutes, il n'y a plus rien eu. Donc, je me suis dit que c'était terminé mais là ça reprend (NdlR: à 5h15, indique BFM). J'étais prête à partir de chez moi pour aller travailler mais bon là… Je reste chez moi, je ne vais pas prendre une balle".