Les dernières 25 années ont été mortelles pour les journalistes

Près de 3000 journalistes ou membres liés à la profession ont été tués ces 25 dernières années. C'est ce que révèle un rapport de la Fédération Internationale des Journalistes.

Les dernières 25 années ont été mortelles pour les journalistes
©JC Guillaume
Adrien Suys (st.)

Depuis 1990, au moins 2297 professionnels des médias ont été tués. Et ces crimes continuent de se perpétrer dans la plus grande impunité. C'est ce qu'on peut lire dans le nouveau rapport de la Fédération Internationale des Journalistes. Les dix dernières années furent les plus dangereuses avec comme point culminant, l'année 2006 et 155 meurtres. En 1990, année du premier recensement, on en comptait 40. L'année 2015, quant à elle, a vu 112 journalistes mourir, parmi lesquels 8 membres de la rédaction de Charlie Hebdo tués le 7 janvier à Paris.

Ce qui est troublant, c'est l'impunité avec laquelle les meurtriers opèrent. Ces derniers passent souvent au travers des mailles des filets de la justice, ce qui contribue à faire des journalistes des cibles faciles. Selon l'AP, « l'IFJ estime que seulement 1 meurtre sur 10 est suivi d'une enquête. Le taux de condamnation est lui aussi très bas ».

L'Irak est le pays le plus dangereux pour les journalistes avec 309 meurtres, une majorité d'entre eux se produisant depuis 2003 et l'invasion du pays par les Etats-Unis. Les Philippines (146) et le Mexique (122) complètent le podium. « Ces deux derniers nombres soulignent le fait qu'il y a autant de journalistes morts en temps de paix que dans des pays en conflit » remarque l'IFJ.

L'année 2016 n'est pas en reste. En seulement un peu plus d'un mois, on a déjà noté la mort de 12 journalistes dont 7 à Kaboul en Afghanistan lors de l'attaque d'un bus de Tolo TV, la plus grande chaîne de télévision du pays, par des talibans.

Le rapport « 25 ans de contribution pour un journalisme plus sûr » sera présenté ce 1 février lors d'un débat au Parlement britannique sur les « morts des professionnels et des civiles dans les zones de conflit » ainsi qu'à une conférence de l'UNESCO sur le même thème à Paris le jeudi 4 février. Il sera ensuite rendu public la semaine prochaine.

Sur le même sujet