Récits de réfugiés érythréens qui ont fui le pays le plus fermé d'Afrique

Improprement titré "Les Erythréens", l’ouvrage de Léonard Vincent, ancien enquêteur de Reporters sans Frontières, lève un coin de voile sur le pays le plus fermé d’Afrique en racontant des odyssées de réfugiés - auxquels on ne peut, certes, réduire les Erythréens - qui ont fui son régime autiste.

Cros Marie-France

Improprement titré "Les Erythréens", l’ouvrage de Léonard Vincent, ancien enquêteur de Reporters sans Frontières, lève un coin de voile sur le pays le plus fermé d’Afrique en racontant des odyssées de réfugiés - auxquels on ne peut, certes, réduire les Erythréens - qui ont fui son régime autiste.

Léonard Vincent raconte ces pénibles itinéraires non certes - contrairement à ce qu’annonce la jaquette - à la manière d’un Jean Hatzfeld, qui reproduisait la langue même des victimes et bourreaux du génocide de 1994 au Rwanda, telle que rendue par le traducteur. Il réécrit à sa manière les paroles de ses interlocuteurs, dans une langue souvent belle mais dont la subjectivité est celle de l’écrivain, navigant entre roman et document, pas celle du fuyard.

Le texte a été rédigé entre 2009 et 2011 et vient d’être édité en format de poche, vraisemblablement en raison de la crise migratoire de 2015. Il s’appuie sur les récits de migrants, avec ou sans papiers, mais est impuissant à analyser la situation en Erythrée, jugeant parfois "ignorés" des points dont l’auteur n’a pas beaucoup cherché l’explication, laissant le lecteur sur sa faim.

Malgré ses défauts, l’ouvrage apporte néanmoins d’intéressantes et terrifiantes précisions sur l’appareil répressif mis en place par le dictateur d’Asmara, Issaïas Afeworki.

---> "Les Erythréens", par Léonard Vincent. Ed. Payot & Rivages. 237 pp. 7,50 €.

Récits de réfugiés érythréens qui ont fui le pays le plus fermé d'Afrique
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