Soudan: décès de Hassan al-Tourabi, figure de l'opposition soudanaise

Le vétéran islamiste avait été transféré "à l'unité des soins intensifs samedi matin à la suite d'un infarctus, qui a causé son décès" à l'hôpital Royal Care de Khartoum, selon la même source.

Soudan: décès de Hassan al-Tourabi, figure de l'opposition soudanaise
©capture d'écran - Twitter
Belga

Hassan al-Tourabi, importante figure de l'opposition soudanaise qui fut aussi l'éminence grise du régime du président Omar el-Béchir, est décédé samedi à l'âge de 84 ans à Khartoum, a-t-on appris de source officielle.

Ses funérailles auront lieu à 08H00 locales (05H00 GMT) dimanche.

"L'intellectuel musulman Hassan al-Tourabi est décédé", a rapporté la télévision d'Etat qui a interrompu ses programmes pour diffuser des versets du Coran après l'annonce.

La présidence a annoncé la mort de Tourabi dans un communiqué relayé par l'agence officielle Suna, rendant hommage à "l'intellectuel musulman et au savant" qu'il a été.

Une source médicale a indiqué à l'AFP que ce vétéran de la politique avait été transféré "à l'unité des soins intensifs samedi matin à la suite d'un infarctus, qui a causé son décès" au Royal Care International Hospital de Khartoum.

Dans la soirée, son corps a été transféré par ambulance dans la maison familiale à Khartoum, où des centaines de ses partisans et membres de son Parti du congrès populaire étaient rassemblés, a indiqué un correspondant de l'AFP.

De nombreuses personnes y faisaient l'éloge du défunt tandis que d'autres présentaient leurs condoléances. Des femmes, elles, pleuraient la perte d'un guide.

Le président Béchir s'est lui aussi rendu auprès de la famille pour présenter ses condoléances, ainsi que des membres de son gouvernement et des responsables de l'opposition.

Le président est reparti sans faire de déclarations, a ajouté le correspondant de l'AFP.

Hassan al-Tourabi, avait plusieurs fois été arrêté ces dernières années, sans jamais cesser ses critiques acerbes contre le pouvoir.

Il avait été le seul responsable politique soudanais à avoir jugé en 2009 le président Béchir "politiquement coupable" de crimes commis dans la province soudanaise du Darfour, en proie à la guerre civile, soutenant ainsi les poursuites lancées par la Cour pénale internationale.

Fondateur des Frères musulmans soudanais et chantre d'un panarabisme islamiste, Tourabi accompagna, et même inspira selon certains, le coup d'Etat qui conduisit en 1989 le général Omar al-Béchir à la tête du plus vaste pays d'Afrique.

Homme charismatique et fin stratège, Hassan al-Tourabi n'a cessé d'étendre son influence et devint président du Parlement et secrétaire général du Congrès national, le parti du président Béchir, avant que leurs relations ne tournent à l'aigre en 1999.

Les relations entre "Béchir le militaire" et "Tourabi l'islamiste" vont se détériorer et cela aboutira à son incarcération de 2001 à 2003, l'homme étant accusé de vouloir renverser le régime.

Tourabi avait repris à l'été 2005 du service politique à la tête de son parti le Congrès national populaire, se livrant à de virulentes attaques contre le régime qu'il accusait notamment de corruption.

Diplômé des facultés de droit de Khartoum, Londres et Paris-La Sorbonne, cet idéologue au turban blanc et à la courte barbe crise parlait couramment l'anglais, le français et l'allemand outre l'arabe.

Figure de proue de l'islam politique, ses connaissances linguistiques lui donnaient un accès facile aux médias étrangers qu'il a plusieurs fois utilisés pour appeler à une révolution islamique internationale.

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