Action d'Amnesty International à l'ouverture du sommet UE-Turquie

Des gilets de sauvetage au nombre de 28 ont été disposés sur des trépieds devant un écran LED où est écrit "Don't trade refugees". Cette action s'inscrit dans le cadre d'une mobilisation européenne.

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Belga

En marge de l'ouverture du sommet UE-Turquie de jeudi et vendredi, des militants d'Amnesty International ont mené une action symbolique, jeudi matin à 10H00, devant le bâtiment du Service européen pour l'action extérieure à Bruxelles, pour s'opposer à la marchandisation des droits et de la dignité des réfugiés dans le cadre de l'accord sur la migration entre l'Union européenne (UE) et la Turquie. 

Des gilets de sauvetage au nombre de 28 ont été disposés sur des trépieds devant un écran LED où est écrit "Don't trade refugees". Cette action s'inscrit dans le cadre d'une mobilisation européenne.

Phillipe Hensmans, directeur d'Amnesty International Belgique francophone, estime que cet accord est juridiquement intenable, que ce soit par rapport au droit de l'Union européenne, au droit du Conseil de l'Europe et par rapport aux conventions de Genève. "On reporte sur la Grèce la décision de choisir la Turquie comme pays sûr, alors que la Turquie n'est pas un pays sûr en termes de droit européen et la liste de leurs violations des droits humains est longue. La Turquie ne reconnaît pas de réfugiés, sauf si ce sont des européens. Leur loi devra donc être modifiée", a-t-il fait observer.

"Environ 90% des réfugiés syriens sur le sol turc aujourd'hui ne sont pas dans des camps et n'ont pas accès aux facilités de base. La moitié d'entre eux sont des enfants. Même si l'argent débloqué est employé à installer des facilités de base, notre rapport de décembre montre que des réfugiés ont été emprisonnés, détenus dans des camps financés en partie par l'UE, maltraités et certains ont été refoulés en Syrie et en Irak", a dénoncé le directeur de l'organisation.

"La Grèce a par ailleurs un taux de reconnaissance des réfugiés quasiment inexistant. En supposant qu'on leur donne les moyens financiers, cela va prendre un temps considérable à mettre en place. Tout cela ne va pas casser le business model des passeurs, mais l'augmenter : le transport va coûter plus cher et sera plus dangereux", a-t-il prédit.

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