A Tchernobyl, "des touristes russes buvaient de la vodka contre la radioactivité, on en a perdu certains" (REPORTAGE VIDEO)

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, il est désormais possible pour les touristes de visiter la zone d'évacuation. LaLibre.be s'est rendue sur ce lieu maudit qui tente, malgré tout, d'être réhabilité. Un reportage à lire et à voir en vidéo en Ukraine.

Jacques Besnard et Julien Crepin (Envoyés spéciaux en Ukraine)

10 heures du matin, 5 avril 2016. Le soleil brille, les oiseaux chantent, les visiteurs sont tout sourires dégainant leurs appareils à tout-va pour prendre des selfies à la sortie de leur minibus. Sur la porte du véhicule, un slogan annonce d'emblée la couleur : "Le voyage dont tous vos amis vont être jaloux".

Ces derniers ne se trouvent pourtant pas sur les pentes du mystique Machu Pichu, sous les immenses boules scintillantes de l'Atomium ou dans les escaliers interminables de la Dame de fer à Paris, mais sur les lieux du plus grand accident nucléaire de l'histoire de l'humanité. Vous l'avez compris, votre intuition est la bonne, vous êtes bel et bien en passe de rentrer dans Tchernobyl.


A Tchernobyl, "des touristes russes buvaient de la vodka contre la radioactivité, on en a perdu certains" (REPORTAGE VIDEO)
©Julien Crepin

( Les minibus remplis de touristes débarquent tous les jours vers 10 heures du matin)


"14 jours par mois, c'est le maximum"


Depuis quelques années, il est, en effet, possible de visiter ce lieu macabre. Et cela semble marcher puisque cette année, trentième "anniversaire" de la catastrophe oblige, deux cents touristes visitent en moyenne le site chaque jour.

A Kiev, dans la capitale ukrainienne, de nombreuses agences spécialisées ont repéré le bon filon et ont désormais pignon sur rue. Normal quand on sait qu'une journée dans la zone coûte en moyenne 80 euros alors que le salaire moyen ukrainien ne dépasse pas les 300 euros.


A Tchernobyl, "des touristes russes buvaient de la vodka contre la radioactivité, on en a perdu certains" (REPORTAGE VIDEO)
©Julien Crepin

("Mugs", casquettes, tee-shirt, stylos... Le business du "tourisme noir" a le vent en poupe)


De telles exploitations commerciales sont permises mais toutes doivent en revanche passer par l'agence étatique, celle de notre guide Constantine. Son frère, Yuri, est d'ailleurs le plus ancien explorateur de la zone... " Cela fait 21 ans qu'il passe 14 jours par mois à Tchernobyl. C'est la durée maximale pour toutes les personnes qui travaillent dans la zone. Quant à moi, j'ai un autre job avec mon épouse à Kiev" , expliquait à ce sujet Constantine une heure auparavant en slalomant entre les trous qui parsèment les routes ukrainiennes qui n'ont, pour l'anecdote, rien à envier à leurs copines wallonnes. "Il faut rester sur la route et ne surtout pas aller dans la forêt rousse de Tchernobyl."

A cet endroit, le dosimètre peut monter jusqu'à 15 microsieverts par heure. Ça calme.


A Tchernobyl, "des touristes russes buvaient de la vodka contre la radioactivité, on en a perdu certains" (REPORTAGE VIDEO)
©Julien Crepin

(Constantine Tatarchuk est l'un des guides de l'agence étatique)


Pour entrer dans la zone d'exclusion située dans un périmètre de 30 kilomètres autour du réacteur 4, l'"épicentre" de la catastrophe, il faut montrer patte blanche aux militaires ukrainiens. Contrôle des passeports, autorisation officielle, checkpoint, ça ne plaisante pas. Des panneaux "Danger", plusieurs sigles radioactifs, la mine stoïque des gardes ne sont pas là pour rassurer. Dans la file d'attente, Constantine en profite pour nous conter quelques vieilles anecdotes, histoire de réchauffer un brin l'atmosphère. "La majorité de nos clients viennent de l'Union européenne e t des Etats-Unis. Avant, il y avait beaucoup de Russes, 90% peut-être. Il n'y en a plus maintenant depuis que la guerre a commencé. Les Russes appellent à l'agence et nous demandent : 'vous n'allez pas nous tuer ?', plaisante-il avant d'embrayer. A l'époque, certains Russes arrivaient complètement saouls. I ls buvaient de la vodka, ça protège apparemment un peu contre la radioactivité. On en a perdu certains, on les cherchait durant la nuit, ils dormaient dans un building. Ça pouvait être dangereux. Il y a encore des zones très contaminées."

On se contentera d'un bon verre d'eau...


A Tchernobyl, "des touristes russes buvaient de la vodka contre la radioactivité, on en a perdu certains" (REPORTAGE VIDEO)
©Julien Crepin

(Passeport, barrière, militaires. Avant de rentrer dans la zone, il faut montrer patte blanche)



Pas responsables en cas de pépin...

... 

DECOUVREZ LA SUITE DE CE REPORTAGE (ECRIT ET VIDEO) DANS NOTRE SELECTION LALIBRE.BE EN CLIQUANT ICI