A Londres, le quartier populaire de Tooting fier de Sadiq Khan, son nouveau maire

Cette fierté inondait la circonscription du député Sadiq Kahn, fils d'un chauffeur de bus, dont le parti travailliste a revendiqué la victoire à la mairie de Londres vendredi en fin de journée.

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A Londres, le quartier populaire de Tooting fier de Sadiq Khan, son nouveau maire
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"Sadiq Khan zinda baad!" (Bravo Sadiq Khan!), crient de joie, et en ourdou, quelques clients et employés d'un modeste restaurant du quartier bigarré de Tooting, où le futur maire de Londres, d'origine pakistanaise, a ses habitudes.

"Nous sommes heureux et fiers", clame Malik Ahmed, 32 ans, employé du "Lahore Karahi" devant des tables en enfilade. "Sadiq Khan était ici avec sa famille mercredi encore. C'est un homme formidable, et il a aidé beaucoup de gens du quartier", assure-t-il.

Cette fierté inondait la circonscription du député Sadiq Kahn, fils d'un chauffeur de bus, dont le parti travailliste a revendiqué la victoire à la mairie de Londres vendredi en fin de journée.

Dans ce quartier, musulmans en tenue traditionnelle côtoient des hipsters, ouvriers et employés rentrant du travail.

Shahzad Saddiqui, la soixantaine, qui s'apprête à aller prier en kamis, longue chemise, estime que "Sadiq Khan sera un facteur unifiant parce qu'il est musulman, un immigrant, et qu'il vient de la classe ouvrière donc il comprend les gens modestes".

Il espère qu'il va défendre "la communauté musulmane constamment décriée dans les médias". "Il connait le risque de l'extrémisme et il aidera la communauté à ne pas suivre cette voie", ajoute-t-il encore.


Changer l'image des musulmans

Le camp conservateur a essayé pendant la campagne de discréditer Sadiq Khan en l'accusant de liens avec des extrémistes islamistes.

D'après le recensement de 2011, Londres compte 12,4% de musulmans. Les Britanniques ont élu 13 députés musulmans, dont huit femmes, sur 650 membres de la chambre des Communes, la chambre basse du parlement, aux élections législatives de mai 2015.

A Whitechapel, quartier populaire de l'est de Londres où la communauté musulmane est fortement implantée, Nell Syde, la quarantaine, "espère que son élection va changer l'image des musulmans, parce que nous en avons besoin".

Vêtue à l'occidentale, au milieu des étals d'un marché, elle pense qu'il pourra "peut-être mieux expliquer aux personnes qui ne sont pas musulmanes les problèmes" liés à islam et à l'extrémisme.

En écho, Sumaya Rashid, une étudiante de 19 ans, espère que l'élection de ce musulman, ancien avocat des droits de l'Homme, "apaisera les choses après ce qui s'est passé à Bruxelles et Paris", en référence aux attentats perpétrés par des jihadistes.

A l'image de la capitale, la communauté musulmane londonienne est des plus hétéroclites avec des membres de tous les milieux socio-économiques et des profils variés, des religieux traditionalistes aux jeunes homosexuels branchés en passant par des banquiers de la City ou des acteurs du West End.

C'est ainsi que dans le quartier plus branché de Liverpool Street, où les gratte-ciels poussent comme des champignons, Mohammed, un journaliste de 36 ans, a également voté pour Sadiq Khan, "principalement parce qu'il est au Labour mais aussi parce qu'il est en faveur du mariage homosexuel ce qui était courageux pour un député musulman. Il a d'ailleurs reçu des menaces de mort pour ça", note-t-il.

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