Revenu de base inconditionnel: Les Suisses, jamais sans le sou ?

Et si la Suisse devenait le premier pays à octroyer à ses habitants un revenu de base inconditionnel de 2 260 € par adulte et 565 € par enfant ?

Revenu de base inconditionnel: Les Suisses, jamais sans le sou ?
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Sabine Verhest

Les Helvètes se prononcent dimanche sur l’octroi d’un revenu de base inconditionnel.

Et si la Suisse devenait le premier pays à octroyer à ses habitants un revenu de base inconditionnel de 2 260 € par adulte et 565 € par enfant ?

A première vue, l’idée - portée par un collectif hétéroclite et sans affiliation politique - paraît tentante. Elle permettrait de simplifier la sécurité sociale, de lutter contre la pauvreté, de redistribuer de façon plus égalitaire la richesse nationale, de donner une plus grande indépendance financière aux femmes, de refuser des conditions de travail déplorables, de moins stresser face au risque de perdre son emploi. "C’est un rêve" devenu également "indispensable" face au chômage induit par une robotisation croissante, selon Ralph Kundig, l’un des pères de l’initiative populaire soumise ce dimanche aux Suisses.

Après avoir eu le temps d’y réfléchir, d’en discuter, de se projeter, les Helvètes s’apprêtent cependant à la rejeter en masse. Selon un récent sondage de l’institut gfs.bern, 71 % d’entre eux y sont opposés. Pour beaucoup, le revenu de base inconditionnel relève de l’utopie. Ses détracteurs redoutent une dévalorisation du travail, des pertes fiscales, un appauvrissement de l’économie, sans même parler du coût de la mesure qu’ils pensent prohibitif. "C’est un vieux rêve, un peu marxiste. Pleins de bons sentiments irréfutables mais sans réflexion économique", d’après Charles Wyplosz, le directeur du Centre international d’études monétaires et bancaires, cité par l’agence France-Presse.

En Belgique aussi

Reste que l’idée fait son chemin. Selon le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, la transformation à long terme du monde du travail pousse les sociétés à "trouver des moyens de distribution du revenu national qui ne soient pas directement liés au travail ou au salaire".

L’entrepreneur belge Roland Duchâtelet avait créé Vivant (absorbé depuis par l’Open VLD) autour de cette idée d’allocation universelle, tandis que le Mouvement réformateur du Premier ministre Charles Michel a lancé une (vague) réflexion sur le revenu de base. L’expérience séduit aussi ailleurs, et de manière plus aboutie : au Canada, aux Pays-Bas (à Utrecht en particulier) ou encore en Finlande. La mesure, inscrite dans le programme gouvernemental d’Helsinki, devrait être testée l’an prochain.

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