A Uccle ou Waterloo, les Britanniques veulent être belges

Depuis l’annonce de la victoire du Brexit, vendredi, il semble que l’on pourrait assister à une forte hausse des demandes d’ acquisition de la nationalité belge par les ressortissants britanniques.

Antoine Clevers

"Home sweet home ? Pas vraiment, non… En 2014, 120 Britanniques ont obtenu la nationalité belge. Ils étaient 139 en 2015. Des chiffres modestes qui pourraient exploser en 2016. Depuis l’annonce de la victoire du Brexit, vendredi, il semble que l’on pourrait assister à une forte hausse des demandes d’acquisition de la nationalité belge par les ressortissants britanniques.

A Uccle, par exemple, "il y a eu onze demandes en deux jours (neuf vendredi et deux ce lundi matin)", a annoncé Boris Dilliès (MR), échevin de la Population. "A titre de comparaison, sur toute l’année 2015, il y en a eu une seule… Une demande d’acquisition de la nationalité, c’est une démarche concrète. Il s’agit de gens qui ont entamé la procédure de naturalisation. A côté d’eux, il y a aussi eu une quinzaine de demandes de renseignements."

Faut-il clairement y voir l’effet du Brexit ? Boris Dilliès reste prudent. Mais "s’il y a une telle différence depuis vendredi, c’est qu’il s’est passé quelque chose", dit l’échevin, dont la commune comprend une diaspora britannique d’environ 800 personnes. "Je crois que, par ces demandes, les gens expriment clairement leur souhait de rester dans l’Union européenne. Parmi eux, il y a des Britanniques qui pensaient de toute façon changer de nationalité et ils ont trouvé dans le Brexit la bonne occasion pour le faire. Et puis, il y a sans doute aussi des réactions spontanées."

Du côté de Waterloo, une commune du Brabant wallon dénombrant 458 ressortissants britanniques, l’échevin local de la Population dresse un constat similaire. "Depuis vendredi, il y a eu dix-huit demandes d’informations - cinq vendredi, dix samedi alors que la permanence est généralement très calme, et trois ce lundi", indique Yves Vander Cruysen (MR). Contrairement à Uccle, aucune démarche concrète n’a donc encore été entamée, mais un phénomène est en train d’émerger.

"On s’attend à d’autres demandes, notamment de la part d’enseignants" (Waterloo compte une école britannique et bientôt une école européenne), poursuit l’échevin Vander Cruysen. "Les expatriés râlent de ne pas avoir été entendus dans la discussion sur le Brexit. Et ils sont inquiets quant à leurs futurs droits sociaux, ils s’attendent à devoir demander un permis de travail."

En Irlande aussi

En République d’Irlande, le phénomène est encore plus prononcé. Le pays a enregistré une hausse spectaculaire des demandes de passeport de la part de Britanniques souhaitant rester citoyens de l’Union européenne, a indiqué lundi le ministère irlandais des Affaires étrangères, Charlie Flanagan.

L’ambassade d’Irlande à Londres a reçu plus de 4 000 dossiers depuis vendredi contre les quelque 200 enregistrés quotidiennement en temps normal. Selon Charlie Flanagan, "cette hausse exprime clairement une forme d’inquiétude parmi les détenteurs de passeports britanniques de voir prendre fin brutalement les avantages dont ils bénéficient en tant que citoyens européens".